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28 août
F ê t e d e
Notre Saint Père Augustin,
Evêque & Docteur de l’Eglise
Le plus grand des Docteurs et le plus humble, Augustin se lève, acclamé par les cieux dont nulle conversion de pécheur n'excita comme la sienne l'ineffable joie [1], célébré par l'Eglise où ses travaux laissent pour les siècles en pleine lumière la puissance, le prix, la gratuité de la divine grâce.
Depuis l'entretien extatique qui fit d'Ostie un jour le vestibule du ciel [2], Dieu a complété ses triomphes dans le fils des larmes de Monique et de la sainteté d'Ambroise. Loin des villes fameuses où l'abusèrent tant de séductions, le rhéteur d'autrefois n'aspire qu'à nourrir son âme de la simplicité des Ecritures sacrées dans le silence de la solitude. Mais la grâce, qui a brisé la double chaîne enserrant son esprit et son cœur, garde sur lui des droits souverains ; c'est dans la consécration des pontifes vouant Augustin à l'oubli de soi-même, que la Sagesse consomme avec lui son alliance : la Sagesse qu'il déclare « aimer seule pour elle seule, n'aimant qu'à cause d'elle le repos et la vie [3]. » A ce sommet où l'a porté la miséricorde divine, entendons-le épancher son cœur :
« Je vous ai aimée tard, beauté si ancienne et si nouvelle ! je vous ai aimée tard ! Et vous étiez en moi ; et moi, hors de moi-même, vous cherchais en tous lieux [4]... J'interrogeais la terre, et elle me disait : « Je ne suis pas ce que tu cherches »; et tous les êtres que porte la terre me faisaient même aveu. J'interrogeais la mer et ses abîmes, et ce qui a vie dans leurs profondeurs ; et la réponse était : « Nous ne sommes pas ton Dieu, cherche au-dessus de nous. » J'interrogeais les vents et la brise; et l'air disait avec ses habitants : « Anaximènes se trompe; je ne suis pas Dieu. » J'interrogeais le ciel, le soleil, la lune, les étoiles : « Nous non plus, nous ne sommes pas le Dieu que tu cherches. » O vous tous qui vous pressez aux portes de mes sens, objets qui m'avez dit n'être pas mon Dieu, dites-moi de lui quelque chose; et dans leur beauté qui avait attiré mes recherches avec mon désir, ils ont crié d'une seule voix : « C'est lui qui nous a faits [5]. » — Silence à l'air, aux eaux, à la terre ! silence aux cieux ! silence en l'homme à l'âme elle-même ! qu'elle passe au delà de sa propre pensée : par delà tout langage, qu'il soit de la chair ou de l'ange, s'entend lui-même Celui dont parlent les créatures; là où cessent le signe et l'image, et toute vision figurée, se révèle la Sagesse éternelle [6]... Mes oreilles sourdes ont entendu votre voix puissante ; votre lumière éblouissante a forcé l'entrée de mes yeux aveugles; votre parfum a éveillé mon souffle, et c'est à vous que j'aspire, j'ai faim et soif, car je vous ai goûté ; j'ai tressailli à votre contact, je brûle d'entrer dans votre repos : quand je vous serai uni de tout moi-même, la douleur et le travail auront pris fin pour moi [7]. »
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28
août - S. Augustin

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