Partager l'article ! Le Saint Nom de Jésus: Le Saint Nom de Jésus ...
Le Saint Nom de Jésus
|
L |
e Nom de Dieu est Je suis, יהוה. Seul par l’invocation de ce Nom, dit le Prince des apôtres, est obtenu le salut, car il est lui-même « le Salut de Dieu », étymologie hébraïque du saint Nom de Jésus.
Jésus-Christ en Croix
est la manifestation du Premier Moteur immobile. En effet, il va sans dire que Notre-Seigneur était dans une position d’immobilité absolue, cloué par les mains et les pieds ;
et pourtant, dit saint Robert Bellarmin, la Croix « lui servit de chair pour enseigner, d’autel pour offrir le sacrifice, de champ pour combattre, et de théâtre pour faire éclater sa
puissance. »[1]
Comme son nom l’indique, la douloureuse Passion du Christ fut l’immolation de l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde, en se faisant
péché lui-même[2],
et en expiant par le versement intégral de son sang l’acte qui faisait de nous les débiteurs insolvables du Créateur[3].
« Il a été offert parce que lui-même l’a voulu, et il n’a pas ouvert sa bouche, dit saint Isaïe ; comme une brebis, il sera conduit à la tuerie, et comme un agneau devant celui qui le
tond, il sera muet et il n’ouvrira pas sa bouche », Oblatus est quia ipse voluit, et non aperuit os suum ; sicut ovis ad occisionem ducetur, et quasi agnus coram tondente se
obmutescet, et non aperiet os suum [4].
Dans cet état très réel (et non seulement apparent) d’immobilité de son humanité, Notre-Seigneur se révèle lui-même attirant tout à lui, comme il l’avait prophétisé en ces termes :
« Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tout à moi (or il disait cela, pour marquer de quelle mort il devait mourir) », Et ego si exaltatus fuero a terra, omnia
traham ad meipsum (hoc autem dicebat, significans qua morte esset moriturus) [5],
que précédait cette déclaration : « C’est maintenant le jugement du monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors », Nunc judicium est mundi : nunc princeps
hujus mundi ejicietur foras [6].
L’attraction universelle opérée sans mouvement [7] par le Premier Moteur immobile, révèle qu’il est aussi la Fin ultime de la création. La Croix est le triomphe sur le monde, par la révélation de la Victoire permanente et éternelle de l’Immobilité du Premier Principe, « en qui il n’y a ni changement, ni ombre de vicissitude »[8]. C’est moins Jésus-Christ qui est cloué à la Croix qu’elle à lui : après l’avoir embrassée sur le chemin, voici qu’il la brandit comme l’étendard de sa charité[9]. La signification originelle du ihs est particulièrement illuminatrice. Originellement formée de quatre lettres[10], ihsv, elle signifie in hoc signo vinces, « Par ce Signe tu vaincras », l’agencement de ces initiales forment en grec le nom hébraïque de Jésus : ΙΗΣΟΥΣ, soit ihsv(h), qui n’est autre que l’imprononçable Tétragramme (ihvh) rendu invocable par la révélation de l’Amour de Dieu, le Saint-Esprit que représente le s.
La victoire sur le monde est donc obtenue dans le Christ, comme le répète en mille endroits saint Paul : in Christo Jesu. Aussi devons-nous comprendre que, lorsque le Seigneur nous intime cet ordre : « Tenez-vous en repos, et voyez que c’est moi qui suis Dieu », Vacate, et videte quoniam ego sum Deo [11], cela signifie : Soyez crucifiés avec le Christ, car « ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses vices et ses convoitises. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’esprit. Ne devenons pas avides d’une vaine gloire », Qui autem sunt Christi, carnem suam crucifixerunt cum vitiis, et concupiscentiis. Si spiritu vivimus, spiritu et ambulemus. Non efficiamur inanis gloriæ cupidi [12]. Le monde, l’existence, est mouvement – nous ne disons même pas mouvement « désordonné », car, affirme Bossuet, tout mouvement est une privation du Bien immuable et impassible, donc un mal, c’est-à-dire l’orgueil de la vie.
Extrait du commentaire du
Traité de la concupiscence de Bossuet,
Paris : Ed. Ste-Agnès, 2009, p. 254-257.
Pour commander : cliquez ici

In nomine Jesu omne genu flectatur, cælestium, terrestrium, et infernorum : et omnis lingua confiteatur, quia Dominus Jesus Christus in gloria Dei Patris.
« Qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. »
(Introït)
Sermon Pour La Fete Du Saint Nom De Jesus - 03.01.2010
________
[1] S. Robert Bellarmin, Des sept paroles de Jésus-Christ sur la Croix, Avignon : Seguin, 1835, p. 5.
[2] 2 Corinthiens 5.21.
[3] Colossiens 2.14 ; Matthieu 18.25.
[4] Isaïe 53.7.
[5] Jean 12.32-33.
[6] Jean 12.31.
[7] Notons aussi que cette attraction n’a rien de fondamentalement moral ; bien au contraire, la perspective de la crucifixion de leur Maître n’eut aucun aspect roboratif, mais fit fuir les disciples, sauf saint Jean.
[8] Jacques 1.17.
[9] Cantique 2.4, dans l’hébreu.
[10] On remarquera que le ihs est toujours complété graphiquement par les saints clous disposés en v.
[11] Psaume 45.11.
[12] Galates 5.24.

abbesscharf @ yahoo.fr
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||