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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:47

C’est dans les larmes de Jésus-Christ, uniquement, que j’ai puisé la vigueur presque surhumaine qu’il m’a fallu pour tant souffrir, pour accepter l’existence la plus effroyable, pour ne jamais cesser d’être debout au pied de la Croix, dans les ténèbres, dans la déréliction et dans les tortures. (Journal, 10 juin 1892.)

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 10:56

Chapitre II.

Ce que c’est que la concupiscence de la chair :

combien le corps pèse à l’âme.

 

L

a concupiscence de la chair est ici d’abord l’amour des plaisirs des sens. Car ces plaisirs nous attachent à ce corps mortel, dont saint Paul disait : « Malheureux homme que je suis, qui me délivrera du corps de cette mort ? »[1] et nous en rendent l’esclave. Ce qui fait dire au même saint Paul : « Qui m’en délivrera ? » qui m’affranchira de sa tyrannie ? qui en brisera les liens ? qui m’ôtera un joug si pesant ?

« Les pensées des mortels sont timides » et pleines de faiblesse, « et nos prévoyances incertaines, parce que le corps qui se corrompt appesantit l’âme, et que notre demeure terrestre opprime l’esprit, qui est fait pour beaucoup penser : et la connaissance même des choses qui sont sur la terre nous est difficile : nous ne pénétrons qu’à peine et avec travail les choses qui sont devant nos yeux : mais pour celles qui sont dans le ciel, qui de nous les pénétrera ? »[2] Le corps rabat la sublimité de nos pensées, et nous attache à la terre, nous qui ne devrions respirer que le ciel : ce poids nous accable ; « et c’est là cet empêchement qui a été créé pour tous les hommes » après le péché, « et le joug pesant qui a été mis sur tous les enfants d’Adam, depuis le jour qu’ils sont sortis du sein de leur mère, jusqu’à celui où ils rentrent par la sépulture à la mère commune qui est la terre »[3]. Ainsi l’amour des plaisirs des sens, qui nous attache au corps, qui par sa mortalité est devenu le joug le plus accablant que l’âme puisse porter, est la cause la plus manifeste de sa servitude et de ses faiblesses.

_________________

 

Commentaire succinct

 

La concupiscence de la chair, dit Bossuet (ch. ii), se définit comme « l’amour des plaisirs des sens ». L’homme fut créé en état de grâce surnaturalisant la nature, comme la chair de l’enfant est tissée dans le sein de sa mère en même temps que ses os sont formés dans cette même chair : composant un tout ; ce n’est qu’idéalement que ses divers éléments peuvent être dissociés ; de même, Adam fut créé un tout en état de grâce ; ce n’est qu’artificiellement que la nature peut être dissociée de la grâce. La chute fut donc très réellement une mort : « le jour où tu en mangeras, tu mourras de mort », in quocumque die comederis ex eo, morte morieris [4] – « vous étiez morts dans vos péchés », mortui essetis in peccatis [5]. Le corps mortel, « visibilification », donc amoindrissement, du corps créé en état de grâce, est « mort à cause du péché », corpus quidem mortuum est propter peccatum [6], quoique vivant de la vie terrestre. L’exercice de ses sens, par lesquels il connaît (puisque, selon l’adage scolastique, « rien n’est dans la raison qui n’ait auparavant été dans les sens »), est pris par le mondain – et à plus forte raison le moderne – pour la source objective de la connaissance totale ; or, rien n’est plus faux, du point de vue de l’absolu. En effet, le saint dont les sens ont été purifiés a « vaincu le monde » dans le Christ[7] ; par la Croix du Christ, il est « crucifié au monde », non pas d’une façon subjective, comme on veut bien l’entendre généralement, car « le monde lui a été crucifié », per quem mihi mundus crucifixus est, et ego mundo [8] : il connaît désormais dans la mesure même où il aime, c’est-à-dire d’une façon illimitée, en attendant l’infinitude de la vision béatifique.

___________________

 

Chapitre III.

Ce que c’est selon l’Ecriture que la pesanteur du corps, et quelle elle est dans les misères et dans les passions qui nous viennent de cette source.

 

C

e joug pesant, qui accable les enfants d’Adam, n’est autre chose, comme on vient de voir, que les infirmités de leur chair mortelle, lesquelles l’Ecclésiastique raconte en ces termes : « Ils ont les inquiétudes, les terreurs d’un cœur continuellement agité, les inventions de leurs espérances trompeuses et trop engageantes, et le jour terrible de la mort. Tous ces maux sont répandus sur tous les hommes, depuis celui qui est assis sur le trône jusqu’à celui qui couche sur la terre et dans la poussière par sa pauvreté, ou sur la cendre dans son affliction et dans sa douleur, depuis celui qui est revêtu de pourpre, et qui porte la couronne jusqu’à celui qui est habillé du linge le plus grossier : la fureur, la jalousie, le tumulte des passions, l’agitation de l’esprit, la crainte de la mort, la colère et les longs tourments qu’elle nous attire par sa durée, les querelles et tous les maux qui les suivent ; tout cela se répand partout. Dans le temps du repos et dans le lit où on répare ses forces par le sommeil, le trouble nous suit ; les songes pendant la nuit changent nos pensées : nous goûtons durant un moment un peu de repos qui n’est rien ; et tout d’un coup il nous vient des soins, comme dans le jour, par les songes : on est troublé dans les visions de son cœur, comme si l’on venait d’éviter les périls d’un jour de combat : dans le temps où l’on est le plus en sûreté, on se lève comme en sursaut, et on s’étonne d’avoir eu pour rien tant de terreur. » Tous ces troubles sont l’effet d’un corps agité et d’un sang ému qui envoie à la tête de tristes vapeurs. « C’est pourquoi ces agitations, tant celles des passions que celles des songes, se trouvent dans toute chair, depuis l’homme jusqu’à la bête, et se trouvent sept fois davantage sur les pécheurs, où les terreurs de la conscience se joignent aux communes infirmités de la nature. A quoi il faut ajouter les morts violentes, le sang répandu, les combats, l’épée, les oppressions, les famines, les mortalités et tous les autres fléaux de Dieu : toutes ces choses, qui dans l’origine ne se devaient pas trouver parmi les hommes, ont été créées pour la punition des méchants, et c’est pour eux qu’est arrivé le déluge. Et la source de tous ces maux c’est que tout ce qui sort de la terre retourne à la terre, comme toutes les eaux viennent de la mer et y retournent. »[9]

En un mot, la mortalité introduite par le péché a attiré sur le genre humain cette inondation de maux, cette suite infinie de misères d’où naissent les agitations et les troubles des passions qui nous tourmentent, nous trompent, nous aveuglent. Nous qui dans notre innocence devions être semblables aux anges de Dieu, sommes devenus comme les bêtes, et, comme disait David, nous avons perdu le premier honneur de notre nature : Homo cùm in honore esset, non intellexit, comparatus est jumentis insipientibus et similis factus est illis [10] : « Pendant que l’homme était en honneur dans son institution primitive, il n’a pas connu cet avantage : il s’est égalé aux animaux insensés, et leur a été rendu semblable. » Répétons une et deux fois ce verset avec le Psalmiste. Nous ne saurions trop déplorer les misères et les passions insensées où nous jette notre corps mortel ; et tout ce qui y attache, comme fait l’amour du plaisir des sens, nous fait aimer la source de nos maux et nous attache à l’état de servitude où nous sommes.

_________________

Commentaire succinct

 

Le corps mortel, dit Bossuet (ch. iii) est un joug pour l’âme, dont il cause la faiblesse et la servitude. Il nous attache à la terre, « nous qui ne devrions respirer que le ciel ». La condition corporelle telle que nous l’expérimentons ici-bas n’est pas la condition originelle ; le corps et l’âme de l’homme ont été asservis au monde ; l’homme est tombé dans la multiplicité aliénatrice des êtres créés, issus de sa propre convoitise et rébellion. En effet, la faiblesse de la chair entraînée par le désir désordonné de la divinisation, résulte dans le tumulte des passions. Le corps est agité, dit Bossuet, et le sang est ému. Tout cela vient de la mortalité introduite par le péché. Les passions, provoquées par le détournement de l’âme de la concentration sur sa fin surnaturelle, nous « tourmentent », nous « trompent » et nous « aveuglent ». Ces trois verbes sont d’une importance capitale dans le domaine qui nous intéresse présentement, c’est-à-dire celui de la cosmologie chrétienne.

 

La relation de l’homme avec son contexte créé n’est ni neutre ni aussi objective qu’il peut se l’imaginer. En réalité, l’univers déchu est la projection de l’homme. Les ethnologues et les « scientifiques » profanes ont eux-mêmes fini par noter que l’observateur influe sur le milieu d’une façon fort substantielle, au point que sa présence doive être prise en compte parmi les éléments principaux déterminant les résultats de l’observation. Actuellement, l’on voit dans la nature ce que l’on veut y voir : c’est la raison pour laquelle il n’est rien de moins « neutre » que les reportages animaliers, que l’on montre volontiers aux enfants, sous prétexte qu’il n’y a là que « la nature du Bon Dieu », alors que c’est précisément le contraire : tout y est projection du mental dévié et perverti de l’homme déchu et rebelle[11]. S. Paul affirme que « la création attend d’une vive attente la manifestation des enfants de Dieu. Car elle est assujettie à la vanité, non point volontairement, mais à cause de celui qui l’y a assujettie, dans l’espérance qu’elle-même, créature, sera aussi affranchie de la servitude de la corruption, pour passer à la liberté de la gloire des enfants de Dieu », Nam expectatio creatuæ, revelationem filiorum Dei expectat. Vanitati enim creatura subjecta est non volens [12].

 

L’on pourrait objecter que S. Paul reconnaît à la création une existence indépendante de l’homme ; ce qui est évidemment le cas, sans quoi tous les hommes, à l’exception des saints, devraient être convaincus de solipsisme, ce qui n’est pas le cas, puisque tous font l’expérience d’une « évidence cosmique commune ». C’est pourquoi, nous devons bien veiller à ne pas confondre le monde tel que Dieu l’a créé, et le monde qui a résulté de la chute et du péché originel. Pour reprendre l’exemple de la lampe à huile, que nous avons employé plus haut, le monde créé par Dieu « au commencement », in Principio [13], est l’huile, destinée à brûler par la mèche qu’est l’homme ; en revanche, le monde « terrestre, charnel, diabolique »[14] n’est autre que les divers états de la mèche qui se consume elle-même, parfaite image des passions qui consument l’homme d’un feu qui n’est pas loin d’être infernal. Ce monde-là, n’est pas différent de l’homme lui-même, et il est à son image. La création originelle a donc été soumise à la vanité, vanitati subjecta, c’est-à-dire soumise à de perpétuels changements et corruptions, dans la vanité d’un flux et d’un roulement sans fin, quoique « non point volontairement », non volens, car le mouvement propre de la nature est de fuir la corruption[15]. La vanité, dit la Tradition, c’est le mouvement ininterrompu de génération et de corruption, qui apparaît expérimentalement à l’homme comme l’état normal des choses. A cette première vanité s’en surajoute une seconde, qui est l’homme livré à ses propres désirs : « C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions d’ignominies », Propterea tradidit illos Deus in passiones ignominiæ [16], « et comme ils n’ont pas montré qu’ils avaient la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à un sens réprouvé, de sorte qu’ils ont fait les choses qui ne conviennent pas », tradidit illos Deus in reprobum sensum [17].

La création n’a pas d’existence indépendante de l’homme, parce qu’elle n’existe que pour l’homme ; cependant, elle est un contexte dans lequel l’homme est placé, dans le seul but d’en sortir. Depuis la chute, il n’est plus possible de distinguer (sinon en théorie) entre le monde créé par Dieu et celui que l’homme a fait jaillir de ses désirs désordonnés. C’est ce qu’enseigne Bossuet, comme nous le verrons plus loin.



[1] Rom., VII, 24.

[2] Sapient., IX, 14-16.

[3] Eccli., XL, 1.

[4] Genèse 2.17.

[5] Colossiens 2.13.

[6] Romains 8.10.

[7] Ego vici mundum, Jean 16.33.

[8] Galates 6.14.

[9] Eccli., XL, 2-11.

[10] Psal. XLVIII, 13 et 21.

[11] C’est ainsi que l’homme moderne croit découvrir (en réalité il le suscite, même si c’est à son insu, et d’une façon subtile, qui dépasse la simple individualité) chez les animaux et même les plantes toutes les perversions qui le fascinent et dans lesquelles il se complaît. L’étiologie est une source bien mince de « preuves » pour l’apologétique religieuse, étant donné l’asservissement des êtres inférieurs à la décadence humaine.

[12] Romains 8.19-21.

[13] Genèse 1.1.

[14] Terrena, animalis, diabolica, Jacques 3.15.

[15] R. P. Bernardino a Piconio, ofm, Epistolarum B. Pauli Apostoli triplex expositio, Paris : Gaume, 1850, T. 1, p. 106.

[16] Romains 1.26.

[17] Ibid., 28.

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 08:45

Toute passion qui n’est pas celle de l’argent, des honneurs ou des plaisirs, s’appelle aujourd’hui fanatisme et exagération.

 

Louis de Bonald

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 20:46

Chapitre Premier.

Paroles de l’apôtre saint Jean contre le monde, conférées avec d’autres paroles du même apôtre, et de Jésus-Christ. Ce que c’est que le monde, que cet apôtre nous défend d’aimer.

 

« N

’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Celui qui aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui, parce que tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, et concupiscence des yeux, et orgueil de la vie : laquelle concupiscence n’est pas du Père, mais elle est du monde. Or le monde passe, et la concupiscence du monde passe (avec lui) : mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. »[1]

Les dernières paroles de cet apôtre nous font voir que le monde, dont il parle ici, sont ceux qui préfèrent les choses visibles et passagères aux invisibles et aux éternelles.

Il faut maintenant considérer à qui il adresse cette parole ; et pour cela il n’y a qu’à lire les paroles qui précèdent celles-ci : « Je vous écris, mes petits enfants, que tous vos péchés vous sont remis au nom de Jésus-Christ. Je vous écris, pères, que vous avez connu celui qui est dès le commencement (celui qui est le vrai Père de toute éternité). Je vous écris, jeunes gens (qui êtes au commencement de votre jeunesse), que vous avez surmonté le mauvais ; je vous écris, petits enfants, que vous avez reconnu votre Père : je vous écris, jeunes gens (qui êtes dans la force de l’âge), que vous êtes courageux, et que la parole de Dieu est en vous, et que vous avez vaincu le mauvais. »[2] A quoi il ajoute aussitôt après : « N’aimez pas le monde », et le reste que nous venons de rapporter.

Cela est conforme à ce que dit le même apôtre au commencement de son Evangile, en parlant de Jésus-Christ : « Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a point connu. »[3] Et la source de tout cela est dans ces paroles du Sauveur : « Je vous donnerai l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le veut pas, et ne le reçoit pas, et ne le connaît pas »[4], ou il ne sait pas qui il est. Et encore : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï le premier : Si vous eussiez été du monde, le monde aimerait ce qui est à lui: mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai élus du milieu du monde (je vous en ai tirés), c’est pour cela que le monde vous hait. »[5]

Et encore : « Vous aurez de l’affliction dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. »[6] Et enfin : « J’ai manifesté votre nom aux hommes que vous avez tirés du monde pour me les donner.[7] Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux, que vous m’avez donnés, parce qu’ils sont à vous[8] : je ne suis plus dans le monde (je retourne à vous, et l’heure d’aller à vous est arrivée). Pour eux, ils sont dans le monde ; mais moi, je viens à vous.[9] Je leur ai donné votre parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, et je ne suis pas du monde. Je ne vous prie pas de les tirer du monde, mais de les garder du mal », ou de les garder du mauvais : « Ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde : sanctifiez-les en vérité.[10] Mon Père juste, le monde ne vous connaît pas : mais moi je vous connais, et ceux-ci ont connu que vous m’avez envoyé. »[11]

Toutes ces paroles de notre Sauveur font voir que tous ceux qui font profession d’être ses disciples, sont tirés du monde, parce qu’ils sont sanctifiés en vérité, que la parole de Dieu est en eux, qu’ils le connaissent pendant que le monde ne le connaît pas, et qu’ils connaissent Jésus-Christ, le suivent et l’imitent. La vie du monde est donc la vie éloignée de Dieu et de Jésus-Christ ; et la vie chrétienne, la vie des disciples de Jésus-Christ, est la vie conforme à sa doctrine et à ses exemples.

C’est ce que saint Jean nous explique plus en détail par ces tendres paroles : « Mes petits enfants », jeunes et vieux, « je vous l’écris », je vous le répète, « n’aimez pas le monde » : n’aimez pas ceux qui s’attachent aux choses sensibles, aux biens périssables : ne les aimez point dans leur erreur : ne les suivez point dans leur égarement : aimez-les pour les en tirer, comme Jésus-Christ a aimé ses disciples qu’il a tirés du milieu du monde, du milieu de la corruption : mais gardez-vous bien de les aimer comme amateurs du monde, d’entrer dans leur commerce, dans leur société, dans leurs maximes, et d’imiter leurs exemples, parce qu’il n’y a parmi eux que corruption. Et en voici les trois sources : c’est « qu’il n’y a dans le monde que concupiscence de la chair, et concupiscence des yeux, et orgueil de la vie » : qui sont toutes choses trompeuses, inconstantes, périssables, et qui perdent ceux qui s’y attachent. Je le crois : il est ainsi : c’est le Saint-Esprit qui l’a dit par la bouche d’un Apôtre : mais il faut encore tâcher de l’entendre, afin de haïr le monde avec plus de connaissance.

 

__________

 

Commentaire succinct

 

L

e monde, dit Bossuet (ch. i), « sont ceux qui préfèrent les choses visibles et passagères aux invisibles et éternelles. » La leçon fondamentale qu’il nous faut retenir, est que le monde est donc avant tout un état, celui dans lequel l’homme (entendez : le baptisé) rend son amour désordonné, en inversant l’ordre des choses. Prenons néanmoins garde à ne pas commettre de contresens : Bossuet n’oppose pas les deux degrés de la création dont parle le Credo, visibilia et invisibilia, car, nous le verrons, tant l’un comme l’autre sont « passagers » ; au contraire, il nous faut prendre en considération les termes « passagers » et « éternels », qui se réfèrent au relatif et à l’absolu, impliquant de la sorte qu’est « visible » tout ce qui est sensible, fût-ce de manière subtile, et qu’est « invisible » tout ce qui est au-delà des sens, dans le pur spirituel. N’est pas mondain qui aime les corps, et spirituel qui aime les esprits ; sans quoi, Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Verbe incarné, serait mondain, et les rêveurs néo-spiritualistes seraient dans la vérité. Est mondain, dit Bossuet, celui qui n’est pas sanctifié, c’est-à-dire « tiré du monde ». Le monde ne connaît pas Dieu, tandis que les disciples de Jésus-Christ, si. « La vie du monde est donc la vie éloignée de Dieu et de Jésus-Christ ; et la vie chrétienne est la vie conforme à sa doctrine et à ses exemples. » Les « choses » deviennent donc « visibles » dans la mesure où elles s’éloignent de Dieu ; elles demeurent « invisibles » lorsque la charité nous fait garder ses commandements.

 

Les paroles de S. Jean visent à opérer une discrimination : « N’aimez pas, commente Bossuet, ceux qui s’attachent aux choses sensibles, aux biens périssables : ne les aimez point dans leur erreur, ne les suivez point dans leur égarement : aimez-les pour les en tirer, comme Jésus-Christ a aimé ses disciples qu’il a tirés du monde, du milieu de la corruption ; mais gardez-vous bien de les aimer comme amateurs du monde, d’entrer dans leur commerce, dans leur société, dans leurs exemples ; parce qu’il n’y a parmi eux que corruption. » Parce qu’il adhère de tout son être à la séparation d’avec Dieu opérée par le diviseur c’est-à-dire le diable, le mondain est l’agent du diable, il est une sorte de diable humain, qu’il faut aimer comme soi-même, c’est-à-dire pour l’arracher à son malheureux état, qui n’est autre qu’une anticipation de la damnation – qui est une éternelle séparation d’avec Dieu ; mais il faut le haïr en tant qu’agent – qui n’est d’ailleurs pas toujours aussi « inconscient », d’ailleurs qu’on le croirait… ou qu’on le voudrait.

 

 

 



[1] I Joan., II, 15, 17.

[2] I Joan., II, 12-14.

[3] Joan., I, 10.

[4] Joan., XIV, 17.

[5] Joan., XV, 18, II.

[6] Joan., XVI, 33.

[7] Joan., XVII, 6.

[8] Ibid., 9.

[9] Ibid., II.

[10] Ibid., 14-17.

[11] Ibid., 25.

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 14:45

07

 

Dominus noster

Jesus Christus

 

Verbum Dei sanctum

Æterna Lux mundi

Panis vivus vitæ æternæ

 

hodie resurrexit a mortuis.

 

 _____________

 

 

07a

 Le Saint Sacrifice de la Messe, trésor des fidèles catholiques.

 

08

 Bénédiction des pains de Pâques, après la Messe.

 

 

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 14:04

 

 

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Liturgie de la veillée pascale anticipée, selon le rite traditionnel.

 

« Il y a cette différence entre la mort des autres hommes et celle de Jésus-Christ, que celle des autres hommes est singulière, et que celle de Jésus-Christ est universelle ; c’est-à-dire que chacun de nous est obligé à la mort, mais qu’il ne paie en mourant que sa propre dette. Il n’y a que le Fils de Dieu qui soit mort véritablement pour les autres, parce qu’il ne devait rien pour lui-même ; et de là vient que sa mort nous regardant tous, est d’une étendue infinie. « Mais comme il est le seul, disait saint Léon, en qui tous les hommes sont crucifiés, en qui tous les hommes sont morts, ensevelis, il est aussi le seul en qui tous les hommes saint ressuscités ». Si bien que, si nous sommes entrés avec lui dans l’obscurité de son tombeau, nous en devons sortir aussi avec lui avec une splendeur toute céleste, et ce tombeau nous doit servir aussi bien qu’à lui comme d’une seconde mère, pour nous engendrer de nouveau à une vie immortelle. »

 

Bossuet

 

Bonnes et saintes fêtes de Pâques à tous nos visiteurs !

 

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 20:39

Flagellation

 

 passion2

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 16:09

Passion2010-1Passion

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 18:21

Canon

(Lorica)
de Saint Patrice

 

S.Patrice (cathedral d armagh)
 

Je me lève aujourd’hui,

Par une force puissante,

L’invocation à la Trinité,

La croyance à la Trinité,

La confession de l’unité du Créateur du monde.

 

Je me lève aujourd’hui,

Par la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,

La force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,

La force de Sa Résurrection et de Son Ascension,

La force de Sa Venue au jour du jugement.

 

Je me lève aujourd’hui,

Par la force des ordres des Chérubins,

Dans l’obéissance des Anges,

Dans le service des Archanges,

Dans l’espoir de la Résurrection,

Dans les prières des Patriarches,

Dans les prédictions des Prophètes,

Dans les prédications des Apôtres,

Dans les fidélités des Confesseurs,

Dans l’innocence des Vierges saintes,

Dans les actions des Hommes justes.

 

Je me lève aujourd’hui,

Par la force du Ciel,

Lumière du Ciel,

Lumière du Soleil,

Éclat de la Lune,

Splendeur du Feu,

Vitesse de l’Eclair,

Rapidité du Vent,

Profondeur de la Mer,

Stabilité de la Terre,

Solidité de la Pierre.

 

Je me lève aujourd’hui,

Par la force de Dieu pour me guider,

Puissance de Dieu pour me soutenir,

Intelligence de Dieu pour me conduire,

Œil de Dieu pour regarder devant moi,

Oreille de Dieu pour m’entendre,

Parole de Dieu pour parler pour moi,

Main de Dieu pour me garder,

Chemin de Dieu pour me précéder,

Bouclier de Dieu pour me protéger,

Armée de Dieu pour me sauver :

Des filets des démons,

Des séductions des vices,

Des inclinations de la nature,

De tous les hommes qui me désirent du mal,

De loin et de près,

Dans la solitude et dans une multitude.

 

J’appelle aujourd’hui toutes ces forces

Entre moi et le mal,

Contre toute force cruelle impitoyable

Qui attaque mon corps et mon âme,

Contre les incantations des faux prophètes,

Contre les lois noires du paganisme,

 

Contre les lois fausses des hérétiques,

Contre la puissance de l’idolâtrie,

Contre les charmes des sorciers,

Contre toute science qui souille le corps et l’âme de l’homme.

 

Que le Christ me protège aujourd’hui :

Contre le poison, contre le feu,

Contre la noyade, contre la blessure,

Pour qu’il me vienne une foule de récompenses.

 

Le Christ avec moi,

Le Christ devant moi,

Le Christ derrière moi,

Le Christ en moi,

Le Christ au-dessus de moi,

Le Christ au-dessous de moi,

Le Christ à ma droite,

Le Christ à ma gauche,

Le Christ en largeur,

Le Christ en longueur,

Le Christ en hauteur,

Le Christ dans le cœur de tout homme qui pense à moi,

Le Christ dans tout œil qui me voit,

Le Christ dans toute oreille qui m’écoute.

Je me lève aujourd’hui,

Par une force puissante,

L’invocation à la Trinité,

La croyance à la Trinité,

La confession de l’unité du Créateur du monde.

 

Au Seigneur est le Salut,

Au Christ est le Salut,

Que Ton Salut Seigneur soit toujours avec nous.

 

Amen ! Amen ! Amen !

 

Source : catholiquedu.free.fr

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 18:49

Prière à saint Joseph,

Patron de l’Eglise universelle

 


S. Joseph04

 Statue du patriarche à l'Oratoire Sainte-Agnès 


 
 

 

O

 glorieux saint Joseph ! choisi par Dieu pour être le père putatif de Jésus, l’Epoux très pur de Marie toujours Vierge, le Chef de la sainte Famille, et qui, pour cette raison, avez été choisi par le Vicaire du Christ comme le céleste Patron et le Protecteur de l’Eglise fondée par Jésus, c’est avec la plus grand confiance que j’implore en ce moment votre puissant secours pour toute l’Eglise militante. Protégez particulièrement, avec un amour vraiment paternel, …. , tous les Evêques et les Prêtres qui sont en communion avec la Chaire de saint Pierre. Soyez le défenseur de tous ceux qui travaillent au salut des âmes dans les angoisses et les tribulations de cette vie, et faites que les peuples de la terre se soumettent docilement à l’Eglise, qui seule peut procurer à tous le salut éternel.

 

D

aignez aussi, ô bien-aimé saint Joseph ! agréer la consécration que je vous fais de moi-même. Je me donne tout à vous, vous demandant d’être toujours mon Père, mon Protecteur et mon Guide sur le chemin du salut. Obtenez-moi une grande pureté de cœur et un amour ardent de la vie intérieure. Faites qu’à votre exemple toutes mes actions tendent à la plus grande gloire de Dieu, en union avec le divin Cœur de Jésus, le Cœur immaculé de Marie et avec vous. Enfin, priez pour moi, afin que je puisse participer à la paix et à la joie que vous avez goûtées vous-même à votre sainte mort.

 

Ainsi soit-il.

 

S. Joseph1Saint Joseph, priez pour nous ! 

 

 

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Blason épiscopal de S. E. Mgr Michael French, crsa

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Qui sommes-nous ?

JesuMariaNous sommes une communauté de prêtres catholiques sédévacantistes, Chanoines réguliers de Saint-Augustin, sous l'obédience de Monseigneur Michael French (Royaume-Uni). Nos Ordres sacrés viennent de l'Eglise catholique romaine, transmis par le Rituel du Pontificale romanum traditionnel.

Nous professons la Foi catholique orthodoxe, célébrons la Liturgie selon les décrets du saint Concile de Trente en suivant l'Ordo traditionnel, et pratiquons la discipline ecclésiastique conformément au Code de Droit canon de 1917.

 

Mgr French-copie-1   

Hors de l'Eglise il n'y a pas de salut. Il est nécessaire d'être catholique romain pour être agréable à Dieu et éventuellement sauvé. Seul le respect intégral de la Tradition préserve la vraie piété et les moeurs catholiques.

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96757066 oPour contacter le webmaistre et recteur de la Mission Sainte-Agnès, vous pouvez écrire à l'adresse suivante :

 

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Se renseigner.

 

Ce lieu de culte étant privé, on est prié de s’annoncer en téléphonant ou écrivant à l’Abbé.

   

    F Merci de prendre connaissance

des règles vestimentaires et sacramentelles catholiques.

Prières Catholiques

    trirègneFidélité au Saint-Siège,

c.-à-d. au Souverain Pontife, successeur de saint Pierre, Vicaire de N.-S. Jésus-Christ, garant indéfectible de la Foi catholique.

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Editions-et-librairie-Catholique-Sainte-Agnes 2Doctrine catholique traditionnelle intégrale

 

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