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L’Unum necessarium :

la Grâce Sanctifiante

 

Extrait
du chapitre Ier de l’ouvrage du R. P. Louis Liagre, c. s. sp.

 

 Notre vie divine dans le Christ Jésus

 

RPLiagre

Plan du texte :


I. But des Conférences et importance du sujet.

II. Mystère de la Grâce : exposé dogmatique.

III. Conséquence spirituelle : vivre notre Foi.

Le « Don de Dieu. »

Conclusion

la Grâce sanctifiante fondement de notre vie spirituelle.

 

  

Pour compléter ces aperçus sur ce sujet si important, fondamental, même,
un excellent traité théologique complet
sur la Grâce sanctifiante est disponible ici :

Le Juste, ou : Les précieux effets de la grâce sanctifiante

 

__________________

 

Ce qu’elle est

 

I.

 

Mon dessein est de vous parler des fondements de notre vie spirituelle.

 

Non pas des fondements objectifs, c’est-à-dire des vérités fondamentales sur lesquelles reposent et s’appuient les préceptes et les lois de la vie spirituelle.

 

Mais des fondements subjectifs, des réalités vivantes (principes) qui, en nous, donnent naissance à la vie spirituelle, produisent cette vie spirituelle.

 

Car il faut bien le remarquer, il y a en nous deux vies superposées, deux vies distinctes, subordonnées, dont chacune a ses principes producteurs : la vie naturelle et la vie surnaturelle.

 

La vie naturelle a pour principe premier notre âme : laquelle, unie à notre corps, donne naissance à une triple forme d’activité vitale :

 

– vie végétative (plantes)

– vie sensitive (animaux)

– vie intellectuelle ou raisonnable.

 

Ainsi, les fondements, en nous, de la vie naturelle, sont d’abord l’âme et le corps qui forment notre essence, puis les diverses facultés par lesquelles le corps et l’âme exercent leurs activités multiples, selon les aptitudes propres, selon aussi les tendances, les inclinations instinctives et connaturelles de chaque faculté, et enfin, dernier principe nécessaire à la vie, le concours divin, sans lequel aucune créature (même dans l’ordre naturel) ne peut se donner ce surcroît d’être qu’on appelle son acte,

 

– Substance (corps et âme)

facultés,

– concours divin : voilà ce qui est requis pour que l’homme puisse vivre conformément à sa nature. Tels sont donc les fondements, les principes de notre vie naturelle.

 

Et notre vie surnaturelle, que sont ses principes, ses fondements ?

 

Car c’est une vie tout autre dont il s’agit : vie pour laquelle les principes de la vie naturelle ne sauraient suffire.

 

Pour le comprendre, il suffit de rappeler que les fins respectives de chacune de ces deux vies sont d’ordre absolument différent.

 

Quelle serait la fin de la vie humaine purement naturelle ? Je dis « quelle serait », car, de fait, et en réalité il n’y a jamais eu pour l’homme defin purement naturelle ; l’homme a été créé dans l’état surnaturel ; il n’y a de fait, pour lui, qu’une fin assignée par Dieu à sa vie : la fin surnaturelle.

Mais enfin, on peut concevoir l’hypothèse où l’homme aurait été laissé dans l’ordre purement naturel.

 

Quelle serait, dans cette hypothèse, la fin de l’homme : sa fin naturelle ? Ce serait Dieu, mais Dieu connu par le raisonnement, au moyen des créatures, per ea quæ facta sunt, Rom. 1, 20, d’une connaissance abstraite, lointaine, imparfaite, per speculum in ænigmate, I Cor. 13, 12 ; fecit (Deus)... omne genus hominum inhabitare super universam faciem terræ... quærere Deum, si forte attrectent eum, aut inveniant. Act. 17, 26, 27 « Dieu a fait naître... toute la race des hommes, et il leur a donné pour demeure toute l’étendue de la terre... afin qu’ils cherchent Dieu, et qu’ils tâchent de le trouver comme à tâtons. »

 

Et quelle est notre fin surnaturelle ? C’est Dieu, mais Dieu se faisant connaître à découvert, Dieu connu sans l’intermédiaire des choses créées, Dieu vu directement, face à face, tel qu’il est, tel qu’il se connaît et se voit lui-même : possession de Dieu, à la façon dont il se possède lui-même, jouissance de Dieu, vraie participation à la jouissance d’amour par laquelle Dieu jouit de Lui-même : c’est ce que nous appelons Béatitude.

 

Videmus nunc per speculum in ænigmate, tunc autem facie ad faciem. Nunc cognosco ex parte ; tunc autem cognoscam sicut et cognitus sum, I Cor. 13, 12. – « Nous voyons maintenant à travers un miroir, en énigme ; mais alors nous verrons face à face. Maintenant je connais imparfaitement ; mais alors je connaîtrai aussi bien que je suis connu moi-même. » – Videbimus eum sicut est. I Jn. 3, 2

– « Nous le verrons tel qu’Il est. »

 

Cela dépasse, – il est inutile d’y insister – et dépasse à l’infini la portée, la puissance naturelle de connaître, non seulement de l’homme, mais de n’importe quelle créature imaginable.

 

Cette fin surnaturelle étant la nôtre, étant le plein épanouissement de notre vie dans l’Au-delà, – il est clair que notre vie ici-bas, notre vie actuelle et présente, doit être elle-même surnaturelle, puisque son but est de nous préparer, en nous la faisant mériter, cette plénitude de vie qui est notre fin. Il faut que notre vie, dès ce monde, soit proportionnée à cette fin plus haute qui nous est destinée, au delà de ce monde. Il faut que dès la vie présente, nous soyons mis en mesure, nous ayons les moyens de nous disposer, de nous préparer, de tendre effectivement à notre fin surnaturelle, de la mériter, et finalement de l’atteindre.

 

De là la question inévitable : quels sont les principes, les fondements de notre vie surnaturelle ? spirituelle ?

Ces principes sont comme une nouvelle nature surajoutée à notre nature humaine ; et il faut bien qu’il en soit ainsi. De quoi s’agit-il en effet ? Il s’agit de nous rendre capables de produire des actes qui, essentiellement, dépassent notre nature, nos forces naturelles ; pour vivre une vie au-dessus de notre nature (sur-naturelle) il nous faut, nécessairement, des principes de vie au-dessus de notre nature (sur-naturels) nova creatura. – II Cor. 5, 17.

 

Ces principes ou fondements s’appellent Grâce Sanctifiante, Vertus infuses ou surnaturelles, Dons du Saint-Esprit. Et pour mettre en mouvement cet organisme et lui faire produire les actes surnaturels, la motion divine surnaturelle que l’on nomme grâce actuelle.

 

Vrai organisme vital superposé à l’ensemble des principes de notre vie naturelle, la Grâce Sanctifiante se surajoute à la substance de notre âme, les vertus surnaturelles, à nos facultés, les dons du Saint-Esprit, aux instincts ou tendances naturelles de ces facultés, enfin, la grâce actuelle, au concours divin naturel.

 

Tout cela se superpose à notre nature, la pénètre intimement : nous nous trouvons ainsi surélevés, surnaturalisés, ayant, en nous, les principes qui nous permettent de vivre une vie plus haute que notre vie naturelle, une vie réellement surhumaine : la vie surnaturelle, que l’on appelle vie spirituelle, en donnant au mot « spirituelle » le sens fort que donne saint Paul au mot spiritus, quand il le distingue du mot anima :vie produite en nous par un esprit (πνευμα) surajouté à l’esprit que nous possédons par nature, à notre âme (ψυχη) : cet esprit, ce πνευμα, est une âme nouvelle, ajoutée à notre âme humaine et qui la surélève, la surnaturalise. Dans ce sens, vie spirituelle et vie surnaturelle sont synonymes : c’est l’accep-tation courante.

 

Et c’est dans ce sens que j’entreprends d’étudier avec vous les fondements, les principes de notre vie spirituelle (surnaturelle).

 

*

*    *

 

Inutile de m’arrêter à vous montrer l’importance des entretiens que nous consacrerons à cette étude. Il est souverainement important de savoir ce que nous sommes dans l’ordre surnaturel : ce qu’est réellement, cet être surnaturel dont Dieu nous a gratifiés, que nous portons en nous, et qui est le principe, la racine de la vie dont nous devons vivre. Operatio sequitur esse dit la philosophie. Chaque être opère, agit selon son essence propre. C’est l’essence, l’être qui produit, détermine, règle les opérations, les actes.

 

Il en est ainsi dans l’ordre surnaturel. Nos opérations, nos actes surnaturels doivent être conformes à notre être surnaturel ; nos actes, nos opérations doivent être en rapport avec le principe d’être et de vie supérieure que Dieu nous a gratuitement départis : nos actions doivent être à la hauteur dece que nous sommes.

 

D’où l’importance capitale de connaître cet être surnaturel, en d’autres termes, les principes profonds de nos actes surnaturels, de nos opérations surnaturelles, de notre Vie Surnaturelle : c’est ce que j’appelle « fondements ».

 

Assurément, on peut agir surnaturellement sans avoir fait d’étude approfondie sur les principes de la vie surnaturelle. Il y a, grâce à Dieu, beaucoup d’âmes simples et ignorantes qui vivent, et parfois de façon très élevée, leur vie surnaturelle. Dieu éclaire directement ces âmes dans la mesure de leur fidélité et de ses desseins sur elles. Il supplée au manque de connaissance qu’elles n’ont pu acquérir. Et il y a là pour nous, théologiens, une bien utile leçon d’humilité. Cela condamne et confond l’orgueil, la complaisance, la confiance secrète que nous mettons souvent – j’allais dire instinctivement – dans notre science théologique : aux yeux de Dieu, cette science n’est rien sans l’amour et l’humilité : bref, sans la charité. Et, si... noverim mysteria omnia et omnem scientiam,... caritatem autem non habuero, nihil sum. I Cor. 13, 2. Et si notre savoir théologique ne se tourne pas en humilité et en amour, il nous rend, réellement, inférieurs aux âmes ignorantes qui, elles, sont humbles et qui aiment le Bon Dieu. (Malheur à toute science... Bossuet). La connaissance raisonnée des principes de la vie spirituelle n’est donc pas nécessaire, pour vivre cettevie.

 

Mais enfin, il y a des âmes, – et vous en êtes –, auxquelles Dieu donne la possibilité d’approfondir les choses de la vie surnaturelle. Cela est vrai surtout de ceux qui, comme vous, sont destinés, non seulement à vivre eux-mêmes, et à vivre dans sa plénitude, dans sa perfection, la vie surnaturelle, mais à éclairer, à diriger, à conduire d’autres âmes dans les voies de la vie surnaturelle, et, pour certaines de ces âmes, jusqu’au sommet de cette vie, jusqu’à la sainteté.

 

Pour les prêtres que vous serez, pour les directeurs d’âmes que vous êtes appelés à être, il est extrêmement important, il est obligatoire d’étudier et d’approfondir les principes essentiels de la vie surnaturelle. Important pour eux-mêmes, important pour les autres. J’estime que si beaucoup de prêtres se contentent, eux-mêmes, d’une vie spirituelle vulgaire et terre à terre, et s’ils n’inspirent pas aux âmes de plus grands désirs, et un élan plus ardent et plus enthousiaste vers les degrés supérieurs de la vie chrétienne, s’ils laissent les âmes végéter, et se traîner dans la médiocrité et la banalité, c’est en grande partie et le plus souvent, faute de s’être rendu compte, par une étude approfondie de la grandeur et de la sublimité des trésors de la vie surnaturelle déposés en eux et dans ces âmes, par la grâce du baptême. Peut-être leur éducation spirituelle n’a-t-elle pas assez insisté sur ces notions fondamentales de la spiritualité chrétienne, pas assez ouvert devant eux les sources profondes de la vie surnaturelle. Quoi qu’il en soit, en voilà, je pense, plus qu’il n’en faut pour vous faire sinon comprendre (ce qui sera le résultat final de ces conférences), du moins vous faire entrevoir l’importance, le sens et la portée de ces entretiens sur les fondements ou les principes de votre vie surnaturelle.

 

II.

 

Le premier de ces principes, c’est la Grâce, la Grâce Sanctifiante qui nous fait, selon le profond langage de saint Pierre, entrer en participation de la nature de Dieu : efficiamini divinæ consortes naturæ, II Petr. 1, 4 ; la grâce qui, nous dit saint Jean, dépose au plus intime de notre être la semence de Dieu : semen ipsius in eo manet, I Joan. 3, 9, le germe de la vie de Dieu, un principe réel de vie divine.

 

La plupart des traités théologiques « De Gratia » ne donnent pas, à mon sens, à la doctrine révélée touchant la Grâce Sanctifiante la place et l’ampleur qui lui revient et qu’il serait juste, qu’il serait nécessaire de lui donner.

 

Ces traités commencent par de longs exposés sur la Grâce actuelle, nous engagent dans des discussions d’école (discussions longues, subtiles, compliquées, fatigantes et sans issue) sur la nature de la Grâce efficace. Ensuite, et après seulement, on nous parle, en une thèse, et comme en passant, de la Grâce habituelle ou sanctifiante, avec, par manière de corollaire, quelques mots sur l’habitation de Dieu (du Saint- Esprit) dans l’âme chrétienne.

 

Il faudrait commencer le traité de la Grâce par un exposé large, ample, vivant et aussi captivant que possible, de ce que Dieu nous a révélé sur la Grâce Sanctifiante et sur son effet essentiel : effet qui est de mettre en nous Dieu même, de nous mettre en possession de Dieu, de la nature divine qui est Dieu même, de telle sorte que Dieu, personnellement, se trouve mêlé à notre vie, et que notre vie consiste dans la possession consciente et réfléchie de Dieu qui se donne et se livre à nous, de telle sorte que vivre, pour notre âme, consiste à nous emparer de Dieu, à posséder Dieu de façon intime et de plus en plus étroite, à nous approprier Dieu – et par là même à nous assimiler à Dieu, nous fondre avec Dieu, bref, à mener, en commun avec Dieu, la vie de Dieu, la vie divine.

 

Il faudrait, avant tout, exposer et développer largement ce grand dogme qui est tout pour nous, qui est notre vraie vie, il faudrait non seulement le faire comprendre, mais le faire admirer, goûter, savourer de façon à frapper fortement les esprits, à les enthousiasmer pour cette divine réalité qui est en nous, qui est notre être surnaturel, de façon à leur en laisser une impression très vive, de façon à ce qu’ils demeurent profondément saisis, captivés et finalement entraînés par le désir, désir raisonné et ferme de vivre cette vie admirable à laquelle Dieu, qui vit en nous pour cela, nous invite, de vivre cette vie toujours davantage, de la vivre dans toute la plénitude possible, et d’en faire vivre les âmes !

 

Ensuite, une fois ce premier but atteint (qui est, ce me semble, le but vrai du traité de la Grâce), alors on arriverait naturellement à exposer la Grâce actuelle, moyen nécessaire soit pour introduire, soit pour mettre en œuvre, la Grâce Sanctifiante, soit pour développer en nous cette réalité vivante et divine qu’est la Grâce Sanctifiante.

 

Enfin, dans la mesure où le temps le permettrait, on ferait une place aux discussions des écoles et aux systèmes des théologiens, sur le mode d’efficacité de la Grâce actuelle.

 

Alors, on sortirait du traité de la Grâce ainsi conçu et développé, non pas fatigué, non pas l’esprit encombré d’abstractions subtiles et de notions s’opposant les unes les autres, mais l’esprit éclairé, profondément convaincu de la réalité divine qui est notre vie, conquis, séduit, ravi par la beauté de ce dogme à la fois sublime et vivant de la Grâce, et enfin, pratiquement persuadés que la grande affaire pour nous et pour tout homme en ce monde, l’unique affaire, c’est de vivre ce dogme de la Grâce, de le vivre chaque jour et à chaque moment davantage.

 

*

*    *

 

Qu’est-ce donc que la Grâce Sanctifiante ?

Tâchons de l’exposer.

 

Vous savez ce qu’on entend, en général, par le mot Grâce. C’est un don gratuit de Dieu. Gratuit : de là son nom de grâce. Gratuit, i. e. qui ne nous est pas dû, que Dieu veut bien nous accorder par pure bienveillance et bonté, par un surcroît d’amour, en un mot, gratuitement. Evidemment, tout ce qui touche à l’ordre surnaturel est nécessairement gratuit : c’est un surcroît divinement octroyé à notre nature au-delà de toutes ses aspirations et ses exigences natives, donc à titre purement gratuit.

 

On peut donc définir, de façon générale, la Grâce : un don, un secours d’ordre surnaturel, que Dieu nous accorde en vue de nous faire parvenir à notre fin surnaturelle. Notre fin surnaturelle, nous l’avons vu et je vous le rappelle, c’est Dieu possédé par la vision face à face. Cette vision, la théologie l’appelle Vision intuitive (i. e. directe, sans l’intermédiaire d’images, d’idées autres que l’essence divine), ou encore : Vision Béatifique, parce qu’elle constitue pour nous le bonheur parfait, la béatitude. Entre cette fin, cette Vision et notre nature, nos facultés naturelles, il n’y a pas de proportion ; et comme il faut qu’il y ait proportion entre une fin à atteindre et les moyens qui permettent de l’atteindre, il est nécessaire, pour que nous puissions atteindre notre fin surnaturelle, y tendre dès cette vie, que Dieu surajoute quelque chose, une réalité plus haute et plus puissante à notre nature et à ses puissances naturelles. Ce quelque chose, cette réalité, c’est la Grâce.

 

On distingue, vous le savez, deux catégories de Grâces : la Grâce actuelle et la Grâce habituelle.

 

La Grâce sera dite actuelle si elle ne consiste que dans un secours transitoire et passager destiné à nous faire produire un acte. Dieu pour rendre nos facultés (intelligence et volonté) capables de produire des actes qui nous disposent positivement à notre fin surnaturelle, un acte surtout qui la mérite, Dieu pour cet effort passager, élève passagèrement ces facultés au-dessus de leur puissance d’agir naturelle. Ce don surnaturel est transitoire : il s’achève et se termine à la production de l’acte : de là son nom de Grâce actuelle.

 

Nous recevons constamment de ces Grâces actuelles : lumière dans l’intelligence, attrait, impulsion dans la volonté, bonnes pensées, bonnes inspirations, bons mouvements.

 

Beaucoup de gens ne conçoivent la Grâce que sous cette forme, à l’état de secours passager pour bien agir. Mais il y a une autre Grâce : la Grâce habituelle,et c’est elle dont nous allons nous occuper : c’est la Grâce Sanctifiante.

 

Grâce habituelle, i.e. non plus transitoire, passagère, mais permanente. Elle n’a pas pour but propre et précis de nous faire agir, mais de nous établir dans un état durable, stable, permanent. Elle nous fixe, comme par une habitude, dans l’ordre surnaturel, nous confère, de façon stable, l’être surnaturel, la vie surnaturelle ; de là son nom : Grâce habituelle.

 

On l’appelle également Grâce Sanctifiante, parce qu’elle pose en nous la sainteté : elle est, dans l’ordre actuel, notre sainteté même.

 

Si nous voulons la définir, nous dirons qu’elle est « un don surnaturel par lequel Dieu élève la substance même de notre âme, la rend déiforme pour la faire vivre de sa vie ».

 

Je dis : « la substance de notre âme ». La Grâce Sanctifiante n’est pas, par elle-même, de façon prochaine, un principe d’action, un principe producteur d’actes, d’opérations, comme le sont, dans l’ordre naturel, nos facultés et dans l’ordre surnaturel, nos vertus ; elle atteint et perfectionne la substance même de l’âme. Le sujet dans lequel repose, réside, la Grâce Sanctifiante, ce ne sont pas nos facultés, c’est la substance de notre âme, et elle y surajoute une perfection toute nouvelle, mais perfection surnaturelle, perfection qui fait entrer l’âme dans un ordre de choses absolument nouveau, qui la surélève, la place dans une manière d’être, d’exister, à laquelle l’âme n’avait, par elle-même, aucun titre, aucun droit, aucune aptitude naturelle. C’est une sorte de création nouvelle : Dieu seul peut produire dans l’âme cette perfection, lui donner ce mode d’être. Nous allons le comprendre. Ce don surnaturel, ai-je dit, rend notre âme déiforme. Tâchons d’expliquer cela.

 

Nous rend déiformes : i.e. donne à notre âme la forme de Dieu.

 

Voici comment.

 

La Grâce Sanctifiante, le Don que nous appelons Grâce Sanctifiante, comprend, en réalité, deux dons : un Don incréé et un don créé :deux Dons inséparables, dans la réalité et dans la conception de la Grâce.

Le Don incréé est le principal, c’est celui qui explique vraiment l’excellence de la Grâce.

 

Le don créé est nécessaire, mais secondaire : il est la condition qui met notre âme en possession du Don incréé. Dieu pour habiter notre âme, pour s’y rendre présent, y produit quelque chose : mais ce quelque chose n’a de valeur, de raison d’être, que parce qu’il rend Dieu présent en nous, nous le fait réellement posséder.

 

Le Don incréé c’est la Divinité elle-même, Dieu, le Saint-Esprit, les Trois Personnes, la Sainte Trinité. C’est Dieu se donnant à l’âme, s’unissant à la substance de l’âme, lui communiquant sa propre substance, sa Nature, sa Perfection, sa Beauté (pour ne faire en quelque sorte qu’un avec elle, pour que l’âme le possède comme lui appartenant). Il est évident que cela Dieu ne peut le faire qu’en produisant dans l’âme quelque chose d’absolument nouveau, une qualité d’un ordre tout nouveau, cette qualité, c’est le don créé.

 

Le don créé n’est que l’actuelle communication de Dieu à l’âme, le resplendissement dans l’âme de Dieu, qui se rend ainsi présent, qui se donne ainsi à l’âme. C’est l’effet produit dans l’âme par cette présence particulière et toute nouvelle de Dieu en elle (par la communication de Dieu à elle).

 

Saint Thomas compare ce don créé à la lumière qui rend le soleil formellement présent à l’air, à l’éther qu’il compénètre. Ainsi en est-il de la Grâce, en tant que don créé : ce don créé est ce au moyen de quoi il se communique lui-même, personnellement, surnaturellement à l’âme ; il est la communication même que Dieu fait de lui-même à l’âme.

 

Vous le voyez : ces deux Dons, sont inséparables l’un de l’autre. L’un ne peut exister sans l’autre : Dieu ne peut pas se donner à l’âme sans revêtir l’âme de ce don créé, de cette qualité ; et inversement, cette qualité, ce don créé ne peut exister dans l’âme sans que Dieu lui-même, le Don Incréé, se trouve en elle.

 

Vous le voyezaussi : toute l’excellence, toute la valeur du don créé lui vient de son union indissoluble et nécessaire avec le Don Incréé : de ce qu’il est l’introducteur dans l’âme de Dieu qui se donne à elle. Il ne peut se concevoir vraiment que par son rapport nécessaire avec le Don Incréé, avec Dieu même présent dans l’âme.

 

Pour comprendre vraiment la Grâce Sanctifiante, il faut concevoir à la fois ces deux Dons : les séparer, c’est en fausser la notion, la tronquer, la rendre inconcevable.

 

Il arrive souvent en théologie que, pour définir et expliquer la Grâce Sanctifiante, on prend à part, on isole le don créé, on l’envisage tout seul et on s’efforce de le décrire, de le faire comprendre, en lui-même, isolément, séparément du Don Incréé. On dit que c’est une ressemblance merveilleuse de Dieu, une image de Dieu très parfaite, un reflet dans l’âme de la Beauté de Dieu. Mais on ne fait pas intervenir immédiatement Dieu Lui-même rendu surnaturellement présent dans l’âme par ce don : présence qui seule explique cette beauté nouvelle et toute surnaturelle, cette ressemblance toute singulière, cette image toute extraordinaire de Dieu dans l’âme. Car ce n’est que plus tard, dans un corollaire, que beaucoup de théologiens parlent de l’habitation de Dieu dans l’âme, comme s’il s’agissait d’un simple effet, plus ou moins éloigné, de la Grâce Sanctifiante et que celle-ci pût être conçue séparément de celle-là.

 

Redisons-le, ce qui fait proprement l’excellence de ce don créé, ce qui en fait un don proprement surnaturel, c’est qu’il nous met en contact direct avec Dieu, c’est qu’il est pour nous la communication personnelle de Dieu Lui-même, c’est qu’il nous met réellement en possession de Dieu, comme d’un bien nous appartenant, de Dieu nous faisant entrer en communion, en partage de sa propre Nature et de sa propre Vie.

 

Toutes choses qui demeurent inintelligibles, si, comme le semblent faire ces Théologiens, on met toute la Grâce Sanctifiante dans le don créé, la qualité créée prise isolément, et que l’habitation de Dieu dans l’âme ne soit présentée qu’ensuite, isolément, elle aussi, comme une simple conséquence de la Grâce Sanctifiante, alors qu’elle en est l’élément principal.

 

On ne peut se faire une idée juste de la Grâce, en tant que don créé, qu’en la concevant comme trait d’union entre notre âme et Dieu qui, par ce don, Se communique personnellement à elle, se livre à elle pour qu’elle vive de Lui, comme Il en vit Lui-même. Alors, et alors seulement, on comprend ce que nous disent les Théologiens : que la Grâce nous divinise, nous déifie, qu’elle est une qualité d’ordre divin, enfin qu’elle nous rend déiformes.

 

Toutes ces choses (divinisation, déification, déiformité) ne peuvent être ni se concevoir que si Dieu même (Don incréé) se trouve impliqué dans la notion de la Grâce Sanctifiante, tellement que l’essence même du don créé soit de poser la Divinité au plus intime de notre âme.

 

*

*    *

 

C’est bien cette idée vivante et vraiment divine que nous présente Notre-Seigneur quand Il nous parle de la Grâce : habitation amoureuse et vivante de Dieu dans nos âmes, habitation de Lui-même en nous, du Saint-Esprit dans nos cœurs : la Trinité tout entière habitant l’âme chrétienne, voilà la Grâce.

 

Entendons ce Divin Maître nous parler de la grandeur et du bonheur de l’âme en état de grâce : Si quis diligit me, ... Pater meus diligit eum, et ad eum veniemus, et mansionem apud eum faciemus. Jn. 14, 23 « Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure. » Il parle ici de son Père et de Lui-même. Il dit la même chose ailleurs du Saint-Esprit : Spiritum veritatis... apud vos manebit, et in vos erit. Jn. 14, 17 « L’Esprit de vérité demeurera avec vous, et Il sera en vous ». De là cette exhortation, cette sorte de supplication qu’Il nous adresse de Lui rester attachés par l’Amour, pour que Lui-même puisse demeurer en nous : Manete in me, et Ego in vobis. Jn. 15, 4 « Demeurez en moi, et Moi en vous ».

 

C’est de la Grâce Sanctifiante ainsi comprise que saint Pierre affirme qu’elle nous met en possession de la nature de Dieu, i.e. de Dieu même : ut, per hæc efficiamini divinæ consortes naturæ. II Petr. 1, 4. Participants non pas d’un simple don de Dieu, mais de la nature même de Dieu ; or, la nature de Dieu, c’est la divinité, c’est Dieu (Don Incréé).

 

Et saint Paul nous enseigne la même chose, quand il nous dit que nous sommes le temple de Dieu : Nescitis quia templum Dei estis. I Cor. 3, 16 ; que le Saint-Esprit habite en nous ; et que, si nous adhérons par l’amour à Dieu, nous sommes un même esprit avec lui, qui autem adhæret Domino, unus spiritus est. I Cor. 6, 17.

 

De là, l’affirmation formelle de saint Thomas : « Dans le Don même de la Grâce Sanctifiante, Dieu, le Saint-Esprit, se trouve personnellement compris : In ipso dono gratiæ gratum facientis Spiritus Sanctus habetur (et inhabitet hominem unde) Ipse Spiritus Sanctus datur. »

 

Quelle idée faut-il donc nous faire de l’état de Grâce ?

 

L’état de grâce n’est pas seulement l’absence de péché, ni même une pureté parfaite, une beauté qui nous rend agréables à Dieu, ni, d’une façon vague, l’état d’amitié avec Dieu. C’est la présence intime de Dieu à notre âme par une communication qui met l’âme en possession de l’être de Dieu, de sa Perfection infinie, laquelle devient tellement nôtre, que nous pouvons en vivre comme Il en vit lui-même.

 

Les Théologiens se demandent si Dieu se communiquant ainsi à l’âme peut être dit la forme de l’âme sanctifiée.

 

Ils répondent négativement.

 

Dieu ne peut en effet parce qu’il est infini (acte pur), ne peut être la forme d’aucun être : il n’y a pas entre Dieu et une créature quelconque la proportion nécessaire pour qu’il en soit la forme, i.e. la perfection proportionnée. Ce qui est la forme de l’âme en état de Grâce, c’est le don créé.

 

Mais ce don créé est, par nature, par essence, unitif avec l’Etre Divin, avec Dieu même. C’est pourquoi, tout en étant créé, il introduit l’âme dans l’ordre Divin : il est la participation de Dieu même, de la nature de Dieu, dans le sens strict du mot et non dans le sens métaphorique ; il l’établit dans des rapports avec Dieu absolument surnaturels, i.e. : au-dessus de sa propre nature. Il élève tellement l’âme au-dessus d’elle-même et l’unit tellement à Dieu que Dieu en devient, non pas la forme, mais presque la forme, quasi forma, l’âme de notre âme. Le Saint-Esprit (Trinité) sans informer proprement l’âme, se communique à elle si intimement, la pénètre tellement de son Etre propre, de sa propre beauté, que l’âme est comme fondue avec lui, un avec lui.

 

Cela nous fait comprendre ce que nous disent certains Saints : sainte Catherine de Sienne ayant demandé à Notre-Seigneur de lui faire voir une âme en état de grâce fut tellement ravie de ce qui lui fut montré que, dit-elle, si Dieu ne l’avait soutenue, elle en serait morte de joie et d’admiration. C’est qu’elle voyait Dieu à travers l’âme, Dieu pénétrant l’âme et la transformant en lui : ce qui est l’état de Grâce. D’autres saints nous représentent quelques comparaisons. Représentons-nous un globe de cristal envahi par une lumière, extrêmement vive et intense : le globe est tellement pénétré de la lumière, qu’il disparaît, comme absorbé en elle et fondu avec elle. Ainsi, l’âme que Dieu investit et transforme par la Grâce. Encore : Imaginez un bloc de fer plongé dans un foyer, porté à une très haute température. Le fer se fond, se liquéfie, s’embrase : il est tellement pénétré par le feu, qu’on ne l’en distingue plus. Ainsi l’âme pénétrée de la divinité et fondue avec Elle par la grâce.

Revenons au langage et aux expressions des Théologiens : Par la Grâce, notre âme devient déiforme : elle prend, en quelque sorte, la forme de Dieu. Déiformité qui résulte de notre Divinisation, qui est l’effet formel de la présence amoureuse de Dieu dans l’âme, et qui n’est intelligible que par elle : inexplicable sans elle ! Déiformité et Déification sont inséparables. Par la Grâce nous sommes déifiés, divinisés : Dieu nous faisant don de lui-même, nous donnant, nous communiquant sa nature, et par suite, notre nature entrant en participation de la Nature Divine, et dès lors, élevée au-dessus d’elle-même, mise en état de partager la Vie de Dieu, de vivre la Vie Divine : Ego dixi : Dii estis ! Ps. 81, 6 ; Jn. 10, 34. Et cette divinisation ne se réalise qu’en rendant l’âme déiforme (saint Thomas).

 

III.

 

Voilà, mes chers amis, le Mystère de la Grâce.

 

Mystère assurément, mais mystère qui est une réalité, qui est la réalité capitale de notre vie ; mystère et réalité qui dépasse notre intelligence, comme elle dépasse notre nature, pour pouvoir la comprendre vraiment, il faudrait être Dieu : il en est ainsi de tout le monde surnaturel.

 

Mais mystère que nous tâchons d’exprimer et d’expliquer, en pénétrant les paroles par lesquelles Dieu nous l’a révélé ; paroles de Notre-Seigneur, des Apôtres, et après eux des Docteurs et des Théologiens.

 

Mystère que nous devons méditer, scruter par la réflexion, que nous devons chercher à pénétrer, à approfondir, que nous devons nous efforcer de comprendre (non pas parfaitement, adéquatement, ce qui est impossible pour tous les mystères), mais de comprend aussi profondément, aussi intimement que possible. C’est de ce Mystère surtout que notre Foi doit chercher l’intelligence : Fides quærens intellectum.

 

Ce Mystère en effet est le centre de tout pour nous. Il est de tous les Mystères et de tous les dogmes celui qui nous atteint le plus personnellement, et donc, celui qui doit nous intéresser le plus : il nous introduit, personnellement, dans le monde divin, en introduisant personnellement Dieu en nous. Il est notre vie, notre seule vraie vie. Il n’y a rien de plus important, de plus capital pour nous que le Mystère de la Grâce.

 

Nous ne nous comprenons pas nous-mêmes, tels que nous sommes, dans l’ordre actuel ou nous vivons, dans l’ordre surnaturel, tant que nous n’avons pas pris une connaissance réfléchie, une conscience personnelle du Mystère de la Grâce en nous. Sans cette connaissance consciente, nous ne nous estimons pas à notre vraie valeur, nous n’estimons pas nos frères dans le Christ (si humbles, si petits soient-ils) comme nous le devons, comme ils le méritent. Eux et nous, nous sommes divinisés : le Divin, i.e. Dieu même (puisque le Divin, au concret et en réalité, c’est Dieu) habite en nous ! Nous pénètre, nous transforme en lui.

 

Si nous avions vraiment la Foi ! Si nous vivions de la Foi, en plein dans la Foi, i. e. dans la réalité. On raconte du père d’Origène que, lorsque son fils revint du Baptême, il découvrit la poitrine de l’enfant, et respectueusement, en signe d’adoration, la baisa : Dieu habite là ! dit-il. Voilà la Foi en acte. Monseigneur Gay, parlant des devoirs de Charité, surtout dans les Communautés, disait qu’on ne devrait s’aborder les uns les autres qu’un encensoir à la main : la métaphore est peut-être un peu forte, elle traduit bien le sentiment religieux que nous éprouverions les uns pour les autres, si, par une Foi vive et toujours en éveil, le Mystère de la Grâce avait pris, dans nos esprits, le caractère de réalité vivante que les choses de la Foi devraient avoir à nos yeux.

 

Vivons notre Foi.

 

Et pour cela, d’abord et avant tout, ayons Foi en nous-mêmes, en ce que Dieu a daigné faire de nous, en ce que nous sommes, réellement, par la Grâce : plus que des hommes, des créatures humaines divinisées, déifiées, devenues déiformes.

 

Vivons cette Foi : faisons de cette Foi la règle de notre vie et de notre conduite, vis-à-vis de nous-mêmes, d’abord, ensuite, vis-à-vis de nos frères.

 

Toutes les lois, toutes les règles, tous les devoirs soit de notre vie individuelle et personnelle, soit de nos rapports avec notre prochain, sont basés sur la réalité de notre être surnaturel, divinisé par la Grâce ; toutes les exigences de la vie chrétienne dérivent logiquement de l’idée vraie et théologique de la Grâce, telle que nous avons tâché de l’expliquer ; tous les préceptes de l’Evangile, tous les conseils, toutes les vertus chrétiennes s’expliquent par notre élévation à la vie divine en raison de la Grâce du Baptême, et ne s’expliquent que par là : depuis l’humilité, le renoncement, la mortification, le détachement jusqu’à la Charité la plus délicate et l’union à Dieu la plus haute par l’Oraison et la contemplation (mystique), tout a son explication dans le Dogme de la Grâce Sanctifiante, et n’a pas, en dehors de là, son explication.

 

Il faut que notre vie soit moins notre vie que la vie de Dieu en nous. Grâce Sanctifiante : fond de la vie chrétienne, phases de la vie spirituelle, envahissement progressif de nos âmes par Dieu.

 

Méditons ce Dogme merveilleux, et puis, vivons-le : pénétrons-en toute notre vie, toutes nos actions, toute notre conduite, en ayant soin de tenir toujours, sur ce point, notre Foi en acte, l’œil de la Foi ouvert et éveillé. Habituons-nous à ne nous voir – nous et notre prochain – que dans la lumière de ce qu’il a plu à Dieu de nous révéler sur cet article fondamental de notre Foi : notre divinisation par la Grâce ; Dieu vivant en nous pour vivre intimement avec nous et nous avec lui.

 

Après avoir posé, solidement et nettement, la notion précise de la Grâce Sanctifiante, il nous reste à considérer quelques notions annexes qui en découlent et qui s’y rattachent, étroitement, si étroitement que, généralement, on les fait entrer dans la définition même de la Grâce Sanctifiante. J’ai cru plus clair et plus vrai de dégager, d’abord et à part, ce qui constitue l’essentiel de la Grâce Sanctifiante (notre déification intime par la communication de Dieu, de la nature divine à notre âme). Ensuite, et une fois cette notion essentielle bien établie, nous pourrons facilement y rattacher les notions connexes.

 

Tout y gagnera : l’idée de la Grâce d’abord qui sera mieux comprise, étant dégagée et isolée de ce qui n’en est qu’une déduction et un commentaire ; les idées ou notions annexes ensuite, qui recevront, de la notion fondamentale de la Grâce, préalablement étudiée en elle-même, la plénitude de leur valeur ascétique, la plénitude aussi et la profondeur de leur signification, toute la richesse de vérité et de réalité surnaturelle qu’elles renferment. Elles nous apparaîtront pour ce qu’elles sont en effet : des illustrations, des explications magnifiques du Mystère de la Grâce et de ce qu’il fait de nous.






 

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