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Réflexions

sur le ternaire satanique

« Thèse – Antithèse – Synthèse »

 

Il est de bon ton, en cette fin de la première décennie du xxième siècle, de critiquer vertement la Modernité, et, dans les milieux « catholiques », de se dire « traditionaliste », sinon intégriste. Les récents propos des hautes autorités de l’église conciliaire ont fait preuve d’une volonté de « resacraliser » les « rites » élaborés de toutes pièces par leurs prédécesseurs, et ce n’est pas sans une profonde stupéfaction que l’on entend, à « droite », des discours qu’on aurait crus, il n’y a encore pas si longtemps, ne pouvoir être proférés que par des extrémistes infréquentables. Les pratiques des néo-modernistes sont en butte à des critiques plutôt acerbes de la part de leurs coreligionnaires, au point que les premiers – qui sont la majorité – peuvent souvent crier, face aux seconds, à l’attitude schismatique. Comme nous l’avons expliqué, tout cela n’a rien de réjouissant, et encore moins de « rassurant ». Nous assistons actuellement aux balbutiements d’une nouvelle époque, très différente de celle qui a commencé avec le « concile » Vatican II. L’ère de l’antithèse s’éteint ; désormais, c’est la Synthèse qui se met en place. Il n’est pas étonnant qu’un « pape » conservateur se trouve à la tête de l’église conciliaire, en même temps qu’en France, après quatorze ans d’un socialisme délétère préparé par les trahisons successives d’une droite pseudo-catholique[1], suivis par douze années d’une invraisemblable torpeur droitière qui a en quelque sorte apporté sa stabilité – nous allions dire sa fossilisation – à « l’homme nouveau » humanitariste et sentimental patiemment forgé par la gauche, on voit l’essor apparemment irrésistible d’une droite audacieuse, autant, et peut-être plus novatrice encore que conservatrice, qui a permis aux principaux thèmes de l’extrême droite de pouvoir être intelligemment traités. De même, aux Etats-Unis, après dix années d’une droite conservatrice dont les pratiques, fort nécessaires à la justification de l’extension de la Modernité, ont judicieusement préparé la Synthèse en révoltant le monde contre la thèse, se dessine désormais une politique en rupture avec l’ « arrogance » pratiquée jusqu’ici. Cela non plus n’a rien de rassurant ni de consolant.

 

Avant d’aller plus loin, qu’on nous permette de donner un nouvel exemple, afin de rendre aussi impossible qu’il se peut l’incompréhension de notre propos. Prenons le discours général de la Modernité en matière politique. Pour nos contemporains, la Tradition – disons la Monarchie – est assimilable à une Dictature (thèse) ; les Révolutions (antithèse) qui se sont opposées à cette Dictature ont été de saines réactions contre une situation politique intolérable. Néanmoins, ce qui caractérise les Révolutions, c’est souvent l’anarchie ; il faut donc, après un temps de jouissance sauvage de la liberté, trouver et installer une organisation politique sérieuse et stable, tel qu’un régime démocratique ordonné (synthèse). Or, les stricts partisans de la Révolution (donc de l’antithèse), ne pourront voir dans la synthèse que la remise en question de leur liberté (modus vivendi de l’antithèse), tout en constatant qu’un régime politique sérieux emprunte, par la force des choses, bien des traits à la Dictature. Et comme les partisans de la Dictature (thèse) se seront gargarisés de l’impuissance des Révolutionnaires (donc de l’antithèse) à bâtir solidement, ils reconnaîtront dans la synthèse le retour de la thèse. – Ce qui n’est pas vrai, à strictement parler, bien entendu, même si comme le constatent les partisans de l’antithèse, il y a de toute évidence une affinité entre la synthèse et la thèse, ne serait-ce que par cette communauté pragmatique de méthode.

 

Or, toute la logique de ce discours, qui n’est guère incohérent, est entièrement éventée par la simple constatation que la Monarchie n’est absolument pas la Dictature. Aussi, les Révolutionnaires (antithèse) se seront-ils acharnés contre leur propre idée – erronée – de la Monarchie ; les conservateurs politiques auront identifié – à tort – la thèse à la Monarchie, et auront donc perverti et dénaturé la Tradition ; et les Bénéficiaires de la synthèse (quels qu’ils soient) parviennent ainsi à la finalité contenue en germe dans la fausse assimilation de la monarchie à la Dictature, qu’est le nouveau régime politique en place. Soit dit en bref : on condamne la Monarchie sous prétexte qu’elle est une dictature, afin de[2] la remplacer par une dictature réelle, dont la seule légitimation est qu’elle n’est pas une Monarchie. L’aspect terriblement vicieux d’une telle logique est aisément constatable.

 

La Synthèse est le pire de tous les moments de la Modernité, parce qu’elle offre à ceux qui s’étaient viscéralement identifiés avec l’opposition à l’antithèse la réalisation de leurs « revendications ». Désormais, les partisans de la thèse, qui avaient fait figure de dissidents voire de martyrs semblent triompher. Nous disons semblent, car en réalité ils sont trompés aussi bien que les partisans de l’antithèse ; en effet, le propre de la Synthèse étant de ne pas « retomber dans les vieilles erreurs » de la thèse que sont l’exclusivisme et le mépris, afin de réconcilier thèse et antithèse, la Synthèse amène les deux à une entente commune au nom d’un objectif supposé les transcender[3], dont le mot d’ordre est « l’unité dans la diversité », expression chère à l’actuel chef de l’église conciliaire.

Tout ceci apparaît très clairement dans le texte qui aura marqué le début de ce siècle – que l’on pressent atroce –, le « motu proprio Summorum pontificum » du 7 juillet 2007. Alors que les partisans de la thèse croient naïvement à un « retour de la tradition » et extrapolent en y voyant l’interdiction d’« abus liturgiques » qui n’en sont pas, la réalité de la Synthèse leur fait parcourir un  cheminement pédagogique fort apte, non pas à les faire entrer en Modernité (car ils sont déjà intrinsèquement modernes, ne serait-ce que par leur identification illusoire de la thèse avec la Tradition), mais à leur faire comprendre que ce qu’ils avaient pris pour une aberration n’est autre – et il est capital de considérer cela très sérieusement – que la volonté du Christ qui ne laissera pas les portes de l’Enfer prévaloir contre son Eglise. La conclusion qui s’impose à l’esprit du traditionaliste conséquent est que l’apostasie ne consiste pas à adhérer à une église qui a rompu avec la Tradition pour s’ouvrir à la Modernité, mais à refuser cette même Modernité au nom de la Tradition[4]. Il comprend alors qu’il ne faut pas croire que l’Eglise ne dit que la vérité, mais que tout ce que l’Eglise dit est la vérité – nuance fondamentale, qui, une fois assimilée, lui permet de résoudre les antagonismes irréductibles qu’implique le principe traditionnel de non-contradiction.

 

Ainsi, il est à même « d’interpréter le concile à la lumière de la tradition », expression désormais consacrée, qui permet de résumer l’effort (apparent) de la Synthèse. Là encore nous disons apparent, car la Synthèse est une nécessité, sa possibilité tenant au principe selon lequel la cause finale est contenue dans la cause première ; la Synthèse, souvenons-nous-en, n’est que l’aboutissement de la finalité en vue de laquelle la Modernité a été amorcée – donc elle est contenue en germe dans la thèse[5]. D’où son apparente – et « préoccupante », pour l’antithèse – affinité avec elle. D’ailleurs la logique de cette conclusion est renforcée, par le fait que, la Tradition étant la vie de l’Eglise, d’une part, il est aussi impie qu’absurde de vouloir préserver la Tradition contre l’Eglise, et de l’autre, vouloir « interpréter le concile à la lumière de la tradition » est… un truisme, puisqu’il est le produit même de la Tradition ! Les traditionalistes sont donc, en réalité, de bien pauvres gens à l’esprit très étroit, qui s’affranchissent péniblement des œillères de leur orgueil, pour parvenir laborieusement à des évidences… communément et spontanément admises par tout un chacun. Néanmoins, ils sont psychologiquement très utiles, parce qu’ils servent à donner de la stabilité aux néo-modernistes, toujours enclins à « vendre la mèche »[6]. On a toujours besoin de « gens sérieux » pour faire bon effet. N’est-ce pas le rôle des « idiots utiles » déjà évoqués ?

 

En effet, s’ils comprenaient que « la lettre tue mais l’esprit vivifie », ils cesseraient de prendre pour des abus la mise en œuvre de l’esprit de la nouvelle liturgie ; ils ne comprennent pas qu’il n’est d’abus que lorsqu’il y a règle intangible (comme dans la Messe de saint Pie V) ; or, comme le « concile » fut, d’une part « pastoral », c’est-à-dire qu’il visait « le vécu concret » des hommes, et de l’autre, une ouverture au monde – et donc l’instauration d’une perméabilité à l’esprit du monde, il va de soi que la nouvelle liturgie n’est plus astreinte aux règles intangibles et extrêmement contraignantes de l’ancienne. On n’interprète pas un concile « pastoral » avec les catégories d’un concile normal[7].

 

Il apparaît donc que les traditionalistes, non seulement se trompent et méconnaissent l’œuvre du Saint-Esprit, lorsqu’ils transposent après « Vatican II » les règles et la forma mentis en vigueur avant lui, mais encore – et partant – font preuve d’un manque total de charité envers leurs frères en humanité, ainsi que d’une peu édifiante dureté de cœur, qui donne libre cours à la critique des partisans de l’antithèse, qui voient souvent fort justement les faits, puisque, eux au moins, sont perméables au monde et indulgents envers ses misères, étant en cela – et quels que puissent être leurs « excès » par ailleurs – pénétrés de l’esprit du concile « Vatican II ». Ce n’est que dans cette perspective que, par exemple, le discours des « évêques » de France et leur mise en garde contre l’esprit de schisme sous-jacent chez de nombreux partisans de la « forme extraordinaire », cessera de résonner aux oreilles de ceux-ci comme une impertinence (!) et une moquerie cynique. Loin d’être une rébellion, c’est en réalité le discours de leur église, qui fait écho à l’intention de leur pape, qui veut moins « rétablir » la Tradition qu’intégrer ses partisans dans le pluralisme rituel d’une église unifiée[8]. Nous en donnons pour preuve que les évêques sont, eux aussi quoique d’une façon moins spéciale, assistés habituellement par le Saint-Esprit. Pourquoi les clercs et laïcs qui les reconnaissent comme valides et légitimes, et qui, de ce fait, leur sont hiérarchiquement inférieurs, seraient-ils plus « éclairés » qu’eux ?

 

Le lecteur aura compris que nous nous sommes placés, afin de la comprendre de l’intérieur, du point de vue interne de l’église conciliaire. Evidemment, tel que nous l’avons exposé, il repose tout entier sur la double erreur que tout ce que dit l’Eglise devient la vérité, et que la tradition est de facto la vie de l’Eglise. En effet, l’Eglise est l’organe de la Vérité, qui est Jésus-Christ, dont elle est l’Epouse immaculée et le Corps mystique ; la Vérité lui est antécédente (sinon antérieure), et c’est une absurdité que de penser que la Vérité n’est pas immuable. D’autre part, la Tradition n’est pas la vie de ce que l’on voit être de facto l’Eglise militante (qui n’est qu’une portion du Tout infrangible qu’est l’Eglise totale), mais la réception ininterrompue du dépôt confié par le Christ à ses Apôtres, à savoir, en un mot, Lui-même. La Tradition est le contenu de la Foi : or, « ce que l’on croit vient de ce que l’on entend », non pas n’importe quelle parole proférée par les autorités de l’Eglise (qui cessent de l’être si elles deviennent hérétiques), mais « ce que l’on entend venant de la Parole de Dieu », c’est-à-dire de Jésus-Christ, par la bouche de son Vicaire, qu’il utilise comme sa propre bouche, et qui donc ne peut ni mentir, ni errer ni tromper les fidèles.

 

Aussi convient-il de répéter que la Tradition est la vie de l’Eglise, et non qu’elle est la vie même de l’Eglise, ce qui ne possède absolument pas le même sens. Dans la première affirmation, on dit que la vie dont vit l’Eglise est toute surnaturelle – d’où l’on déduit le caractère divin de la Tradition ; tandis que dans la seconde, on dit que la vie que vit l’Eglise (entendue alors comme la vie naturelle d’une créature) est de facto la Tradition – réduisant cette dernière aux fluctuations naturelles (même si leur caractère providentiel est admis) du corps particulier qu’est l’Eglise au sein de la création. Or, l’Eglise étant très exactement le Corps mystique de Jésus-Christ, elle est précisément, nous l’avons dit, l’organe inaliénable et inaltérable de la Vérité[9]. Si donc elle semble se contredire, c’est qu’elle n’est plus elle-même, mais, se trouvant réduite aux hommes qui la gouvernaient – désormais détachés d’elle par l’hérésie – ce qui subsiste n’est plus qu’une organisation toute naturelle, et même infra-naturelle, donc diabolique à l’instar des « églises » protestantes.

L’église conciliaire est ainsi la face religieuse de ce monde-ci, avec lequel « Dieu ne veut avoir aucune part ». A ce titre, elle est la cheville ouvrière de la Synthèse qui doit mener à l’avènement de l’Antéchrist.

 

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Un ultime mensonge vient renforcer le tout, qui consiste à penser, sinon à dire, que l’Eglise devait changer de discours, car devenu inadapté. Loin d’être un réajustement de ses méthodes, l’aggiornamento fut de toute évidence le triomphe des idées modernistes modérées pourtant déjà condamnées depuis un certain temps, en particulier par Léon XIII et saint Pie X.

 

La prédication du Règne du Christ-Roi, par exemple, n’était pas plus admissible aux hommes du siècle précédent qu’elle ne l’était devenue à l’époque du « concile Vatican II ». Pourquoi donc avoir changé de discours, et prôner désormais la « laïcité positive », qui admet de fait le postulat antitraditionnel et condamné par l’Eglise de l’indépendance de l’Etat vis-à-vis de l’Eglise ?

De même, les Sacrements n’avaient aucun besoin d’être modifiés – ce qui était d’ailleurs une impossibilité, puisqu’ils ne sont pas une institution de droit positif, c’est-à-dire humaine. Ainsi, le nouvel ordinal de Paul VI a rendu invalides les consécrations épiscopales depuis sa promulgation et son utilisation en 1968. Il se trouve donc que l’église conciliaire est devenue incapable de dispenser la moindre grâce par ses évêques, ses prêtres et ses sacrements invalides. Rien qu’à ce titre – mais pas seulement – il est impossible de lui reconnaître l’entièreté des marques de la véritable Eglise de Jésus-Christ, que sont l’unité, la sainteté, la catholicité et l’apostolicité.

 

Le lecteur est à présent en mesure de constater la présence caractérisée des éléments du ternaire satanique non seulement dans le monde, mais surtout chez les chrétiens, au sein de ce qui est apparemment le « catholicisme ».

La thèse consiste dans l’Eglise traditionnelle que l’on suppose inadaptée à la Modernité[10] ; l’antithèse consiste à installer une nouvelle liturgie et de nouveaux sacrements, dont devait découler une nouvelle théologie [11], très différente (pour le moins) de l’ancienne ; les mentalités ayant été modifiées dans le sens de l’esprit du « concile » (c’est-à-dire celui d’une ouverture au monde que Dieu hait), la synthèse peut fort bien amorcer un « retour au sérieux », l’antithèse, essentiellement négatrice, destructrice et relativiste, étant « découverte », ou mieux : « reconnue » incapable de parvenir à une quelconque stabilité. Le fond de cette synthèse consiste à prendre les effets pour les causes, par exemple en attribuant à la beauté une vertu éminente dans l’adoration de Dieu. Ce dernier argument est d’autant plus subtil qu’il se fonde sur une considération traditionnelle (« le beau étant l’éclat du vrai »), mais déviée de son sens originel. La beauté dont il s’agit ici est celle du « supplément d’âme » qu’offre le « rite extraordinaire ». Même s’il n’était pas vidé de toute efficace, puisque opéré par des prêtres aux ordres invalides, il y aurait sacrilège à l’utiliser comme rehausseur de quelque « niveau » que ce fût. L’esthétisme des acteurs actuels de la synthèse[12] vise donc, superficiellement, à donner à la liturgie « ordinaire » de l’église conciliaire un vernis qui lui permette d’éviter l’érosion que le temps fait éprouver à tout ce qui n’est pas divin[13], et, profondément, à ruiner ce qui reste de la Tradition, au profit de la tradition de synthèse qu’est la thèse « corrigée » et « adaptée »[14]. Or, encore une fois, le présupposé de la thèse étant que la Tradition ne peut perdurer sans devoir être adaptée à la Modernité, il va sans dire qu’une version de la Tradition effectivement adaptée à la Modernité ne serait plus la Tradition. – Que serait-elle donc, alors ? Une parodie ; et c’est en cela que la Synthèse est redoutable par dessus tout.

 

Appliqué à la Modernité politique, l’esthétisme plus ou moins transcendantaliste de la Synthèse génère la mentalité « altermondialiste », où en particulier la notion de « qualité » connaît une rare profanation, spécialement par le biais de ce que l’on appelle communément l’agriculture « biologique » ou « bio ». Cette façon « différente » de cultiver et d’élever ne fait, en somme, que répondre à la maniaquerie hygiéniste des plus modernes des modernes, tout en permettant de se bercer de l’illusion d’une attitude « rebelle » contre la « société de consommation ». Si l’on prend la peine de prêter l’oreille au discours des responsables des produits « biologiques », on s’aperçoit rapidement que leur ambition est de remplacer les méthodes artificielles par leurs propres méthodes (qui, à vrai dire, le sont légèrement moins), en vue d’assurer à la Modernité un avenir affranchi de la menace d’une « catastrophe écologique » imminente. En un mot, on veut la Modernité, mais sans les châtiments divins qui l’accompagnent.

Ce n’est que tout superficiellement que la pratique « bio » ressemble à la pratique traditionnelle. Dans le fond, elle admet et reconnaît dans la Modernité son contexte propre, au sein duquel elle pense et évolue, et dont elle revendique les « acquis » comme tous les autres modernes. Si l’on croit que la pratique traditionnelle est simplement « non polluante », on tombe dans le plus grossier naturalisme, en oubliant qu’elle ne saurait se réduire à l’aspect matériel, mais que ce qui la caractérise est l’attitude mentale qui l’englobe et dont elle permet la manifestation sur le plan matériel. Ainsi, les notions de dîme, d’offrande des prémices, de recours au patronage des saints, au ministère du clergé, etc., sont totalement absentes de ces officines, où l’on travaille et expérimente plus en vue d’un « lendemain qui chante » que d’un aujourd’hui conforme à la volonté de Dieu.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les « altermondialistes » ne sont donc nullement antimodernes, mais plutôt, comme leur nom l’indique, partisan d’une Modernité différente de ce qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire perfectionnée, moins rudimentaire, moins oppressante. Si elle oppresse, c’est, dans leur esprit, qu’elle est encore trop proche du modèle traditionnel[15]. Le mépris de la Tradition intégrale est donc même peut-être plus grand chez eux que chez les « simples » modernes, à cause de l’orgueil qui les fait se considérer comme les sauveurs du monde, et les hommes « de l’avenir » – aussi stupide que puisse être cette expression. Qu’ils soient effectivement les agents privilégiés de la Synthèse est indubitable ; en revanche, qu’ils perpétuent les « méthodes traditionnelles », cela est rien moins que prouvé, comme nous l’avons dit.

 

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Nous ne disons néanmoins pas que rien de bon ne sort de l’antithèse. Bien au contraire, au risque de sembler paradoxal, nous dirons que l’on trouve autant de points communs entre l’antithèse et la Tradition qu’entre la Synthèse et la thèse. Cela s’explique aisément, puisque, la thèse étant une définition faussée de la Tradition, l’antithèse, dans son opposition à la thèse, parce qu’elle ne peut inventer de nouvelles solutions ex nihilo, aura une nette tendance à se calquer inconsciemment sur ce qui fait la vitalité de la Tradition. Donnons un exemple : la thèse étant le traditionalisme « anti-tout » et crispé sur certains aspects de la Tradition, le visage de l’église vraiment fidèle à l’esprit de « Vatican II », c’est-à-dire le charismatisme, qui constitue ainsi l’antithèse, ne pourra s’opposer à la thèse qu’en adoptant cet aspect si négligé ou incompris de la Tradition qu’est ce que nous pourrions appeler le « non-idéologisme pragmatique ». Pour parodique et illusoire que soit cette « souplesse » et cette adaptation à la « réalité humaine », elle n’en est pas moins efficace car beaucoup plus proche de la mentalité traditionnelle que l’idéologisme traditionaliste. Aussi constate-t-on une véritable « chaleur », des sentiments d’affection fraternelle et une attention sincèrement patiente et compatissante aux misères humaines, un « accueil » aimable, empressé et généreux – même si, dans le fond, cela n’est qu’une parodie de la charité surnaturelle.

 

C’est pourquoi force est de constater que le ternaire satanique peut se retrouver à l’intérieur de chacun des termes de ce même ternaire appliqué à un plan supérieur, compliquant ainsi à loisir la compréhension de la Modernité. Aussi, au sein de l’antithèse, si, au xixème siècle, la thèse pouvait être représentée par le rationalisme scientiste, l’antithèse l’était d’une part, par l’irrationalisme romantique, et de l’autre par l’occultisme, soit « scientifique » et anticlérical, soit religieux et schismatique. Ou encore, si la thèse était représentée par le capitalisme matérialiste, dont les applications ouvertement anti-traditionnelles[16] rendaient les conditions de la vie ouvrière épouvantables, l’antithèse fut le socialisme spiritualiste. Aujourd’hui, la synthèse s’est bien avancée sur ces points, de sorte que l’homme moderne du xxième siècle est largement un marchand semi-capitaliste aux aspirations spiritualistes, tandis que les socialistes sont plutôt athées, à moins d’avoir mué dans un néo-gauchisme « altermondialiste » très souvent néo-païen ou « new age ».

 

L’homme de la synthèse est donc le pire des modernes ; de tous, c’est lui qui a le mieux intégré la leçon de la Modernité et qui en réalise le mieux les aspirations. C’est celui qui adhère le plus « sincèrement » au mensonge fondateur ; il est donc normal qu’il soit le plus dupe, le plus manipulable, et en même temps le plus endurant des ennemis de la Tradition.

 

Pour en revenir aux considérations religieuses, l’aboutissement de la logique du ternaire satanique consiste à poser la question : Quelle crise y a-t-il dans l’Eglise ? Et à conclure qu’il n’y a d’autre crise – si le mot convient encore – que la navigation de l’arche ecclésiale dans l’océan tourmenté de la Modernité. Que les vagues éclaboussent, ou même recouvrent pour un temps le pont n’implique pas que le navire coule ; au contraire, cela témoigne de sa vitalité et de sa « réactivité » ; on fera même usage de l’inénarrable notion d’enrichissement. La confrontation avec la Modernité est une « richesse » pour l’Eglise, etc.[17]

 

Or, un tel enthousiaste est une belle tromperie. En effet, comme nous l’avons déjà fait remarquer, du moins ne sort pas le plus ; le vrai chrétien a dans la tentation une occasion et un moyen d’actualiser les vertus qu’il a acquises. La crise ne fait que manifester la « richesse » originelle et perpétuelle du sujet qui y est confronté ; s’il est « pauvre », elle ne coopère à rien de bon. En elle-même elle est un mal, et comme telle (c’est-à-dire en tant que simple absence du Bien), elle est sans aucune valeur, inintéressante, indifférente et surtout sans effet réel sur ce qui participe au Bien. La Modernité n’a pas plus d’effet sur l’Eglise catholique réelle que le mensonge n’en a sur la vérité, puisque l’un est la négation et l’absence de l’autre. Or, il est impossible de nier que l’église conciliaire, née de la conversion de l’immense majorité des évêques, des clercs et des laïcs à la Modernité, est  intrinsèquement façonnée par l’esprit du monde. N’étant pas à la Modernité ce que la lumière est aux ténèbres, une saine logique conclura donc qu’elle participe des ténèbres. Elle a sa place au sein de la Modernité : son adhésion désormais officielle au principe de laïcité positive démontre qu’elle se définit elle-même comme l’antithèse combattant la thèse, que constitue la « culture de mort » dénoncée par Jean-Paul II.[18]

 

Cela dit, du point de vue strictement traditionnel, nous pouvons dire qu’il n’y a pas de « crise de l’Eglise », mais l’apostasie d’une majorité de ceux qui, du fait de leur apostasie, n’en sont plus que les membres morts et les rameaux séparés. L’Eglise n’est jamais en crise ; premièrement parce que le Corps du Christ est sa très fidèle et très chaste Epouse ; ensuite, parce que l’Eglise à laquelle on attribue une crise n’est que – nous l’avons dit – la troisième partie, et la moindre, de la totalité mystique du Corps du Christ ; troisièmement, parce que si l’Eglise militante pouvait apostasier intrinsèquement, ou ne fût-ce qu’errer, la commotion qui se ferait ressentir ébranlerait non seulement la béatitude des Bienheureux, mais encore ferait vaciller le Trône même de la Très Sainte Trinité. Le Moteur immobile et Souverain Bien serait contaminé par le mouvement et le mensonge, et l’univers, qui fut secoué par la consommation du Sacrifice le premier Vendredi Saint, s’éteindrait alors en un instant dans le fracas, non pas de la mort volontaire de l’Humanité du Fils éternel de Dieu, mais par l’affaissement, métaphysiquement impossible, de l’Eternel dans l’existence – ce qui est proprement le contraire de l’Incarnation, le triomphe de Satan : l’humanisation de Dieu.

 

Or, le thème dominant de l’église conciliaire n’est-il pas celui de « l’humanisme chrétien » ? – Si cette église-là était la très pure, très sainte et immaculée Epouse de Dieu, son propre Corps, nous aurions assisté au suicide de l’Immortel. Les « fumées de Satan » ne peuvent entrer que dans un corps qui n’est plus divin – comme en témoigne le protestantisme, qui est aussi une religion aux rites invalides. En fin de compte, ce n’est pas la noirceur de l’antithèse qui est la plus effrayante, mais la luminosité factice de la Synthèse. Aussi convient-il de se souvenir des paroles de l’Ecriture sainte : « Si nous-mêmes ou un ange du ciel, dit S. Paul, vous évangélisait autrement que nous vous avons évangélisés, qu’il soit anathème », Si licet nos, aut Angelus de cælo evangelizet vobis præterquam evangelizavimus vobis, anathema sit [19]. Le « nous-mêmes » qui a prêché la vérité, c’est l’apôtre, c’est l’Eglise de Jésus-Christ, vivant de la vie surnaturelle de l’Ame de son âme, de son Vrai Moi ; c’est l’organe, humain certes, mais divinisé, jouissant de l’infaillibilité par son union et identification au Fils éternel de Dieu ; en revanche, le « nous-mêmes » qui prêche un autre Evangile, c’est l’apôtre sans Dieu, devenu moins homme que démon, ce sont les princes de l’Eglises déchus de leur charge et de leur statut même de princes et de chrétiens : en un mot, c’est Satan, « qui se transforme » volontiers « en ange de lumière », ipse enim Satanas transfigurat se in angelum lucis [20]. Celui-là est anathème [21].

 

Evidemment, on nous objectera que notre propos se fonde sur la constatation du caractère hérétique des documents fondateurs de la nouvelle église. Or, aucune hérésie formelle n’a jamais été constatée, objecte-t-on en guise d’ultime argument…

Outre le fait que des hérésies formelles ont bien été enseignées, ajoutons qu’il est inouï qu’on n’ait jamais justifié l’Eglise aux yeux de ses propres enfants en s’escrimant à démontrer qu’elle n’était pas hérétique. La méthode a toujours consisté à montrer aux opposants qu’ils étaient eux-mêmes hérétiques. C’est d’ailleurs Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même qui nous donne le moyen de reconnaître un faux docteur, impliquant par là que son hérésie n’apparaît pas toujours aussi clairement que l’intelligence le voudrait. « Vous les connaîtrez à leurs fruits… car c’est par le fruit qu’on connaît l’arbre », A fructibus eorum cognoscetis eos… siquidem ex fructu arbor agnoscitur [22]. Le traditionalisme, parce qu’il s’est fait le partisan de la thèse, n’est qu’un des fruits pourris de l’église conciliaire, et plus généralement, de la Modernité.

 


Schéma récapitulatif TAS


 

Extrait

du commentaire

du Traité de la concupiscence de Bossuet

(Editions Sainte-Agnès, 2009)

 

 

A télécharger en format pdf ici : extrait Bossuet1

 

Pour commander le livre en ligne ou par courrier :

J.-B. Bossuet, Traité de la concupiscence.


[1] A proprement parler, il n’y a – et ne peut y avoir – de droite catholique, car le concept même de « droite » en politique implique déjà l’acceptation de la dialectique du ternaire satanique. Nous disons « pseudo-catholique » car plusieurs de ses acteurs étaient de résolus « pratiquants », mais sans aucune implication politique intégrale (ni même partielle, d’ailleurs). Comment peut-on être « très pratiquants », et méconnaître l’Empire universel du Christ-Roi ? La religion des politiciens catholiques modernes n’est que le libéralisme dénoncé par les papes du xixème s. ; si on les prend pour des catholiques, c’est en raison de la disparition des princes chrétiens, seuls « hommes politiques » légitimes.

[2] Ce serait encore être moderne, et empêtré dans la dialectique moderne, que de dire : « On condamne…, mais c’est afin de la remplacer par une autre », car alors, cela signifierait que l’on adhère à la thèse, selon laquelle la Monarchie est effectivement une dictature.

[3] Evidemment, cette dernière notion est parodique, car seul le spirituel est transcendant. Par ailleurs, le nouvel objectif, le nouveau front commun peut revêtir plusieurs aspects, comme la perspective d’un « conflit civilisationnel », une « confrontation des religions », les « défis du monde moderne », telle ou telle misère, etc. ; tout cela relève de l’inusable slogan « vers un monde meilleur », et constitue autant de couvertures qui masquent l’avènement du règne de l’Antéchrist.

[4] Il n’est pas anodin que la décision « pontificale » dont nous parlons ait été promulguée le 7.7.7 : bien plus que de la poudre aux yeux, puisqu’il est impossible – si l’on est attentif, contrairement à la majorité des traditionalistes – de voir dans ce « motu proprio »une abrogation (même lointaine ; au mieux, la préparation d’un affinement ou d’une mutation) de la nouvelle messe de Paul VI (identifiable alors, si c’était le cas, au 666 de la Bête, Apocalypse 13.18), deux interprétations restent possibles : ou bien l’instauration d’une dualité de rites (ordinaire et extraordinaire) a pour but de contrer l’avènement de ce que la Modernité a de pire (mais de quoi s’agit-il ?) – ce qui n’est qu’une légitimation tout illusoire de la Synthèse, car c’est, justement, là, comme nous l’avons dit, le moment le plus terrible de la Modernité ; ou bien c’est la Tradition, en tant que distincte de la thèse, qui est d’essence satanique – et cela va dans le sens de notre explication. Dans le premier cas, « 777 » est une naïveté (?) capable de séduire et d’enthousiasmer les naïfs partisans de la thèse ; dans le second, c’est une manifestation à peine voilée du caractère proprement satanique des faux papes néo-modernistes, et spécialement du présent, qui passe d’autant plus inaperçu qu’il est un « conservateur ». 

[5] L’antithèse s’avère donc être le nécessaire – même si paradoxal – agent actualisateur. Il n’est alors pas étonnant que les partisans de l’antithèse aiment à se dire proches du Saint-Esprit, le véritable Agent actualisateur de la volonté divine, dont ils sont la parodie. Il est très commun de parler de la Révolution dans l’Eglise en termes de « souffle prophétique ».

[6] Ainsi ce prélat néo-moderniste qui lança l’expression d’ « église conciliaire ». Une remarque que l’on applique avec succès aux protestants vaut tout aussi bien pour les conciliaires : les « excès » que l’on constate chez eux ne sont pas des déviances dues à des opinions privées individuelles qui rompraient avec la doctrine officiellement professée, mais bien les développements maximaux les plus conséquents de l’esprit, ou de la logique de cette même doctrine. Le socinien qui ne croit pas à la Trinité parce que le mot ne se trouve pas dans la Bible ne fait qu’appliquer en toute rigueur le sola scriptura réformé ; le cardinal qui, au lendemain de « Vatican II », se félicitait que ce dernier ait été « 1789 dans l’Eglise », n’affichait pas un modernisme parasitaire étranger aux travaux des pères conciliaires, mais révélait avec une rigoureuse acuité l’esprit même de l’ouverture au monde voulue par « Jean XXIII ».

[7] Si tant est que la notion de « concile pastorale » signifie quoi que ce soit.

[8] C’est ce qu’il a clairement laissé entendre dans sa fameuse réponse donnée dans l’avion qui le conduisait à Lourdes, en automne 2008. Le motu proprio « Summorum pontificorum » veut ménager une place à ceux dont la sensibilité leur fait préférer l’ancien rite. Le propos est exactement le même que celui de Paul VI, le reproche en moins : l’attachement à la Tradition (?) est une question de goût ; de « bon goût » peut-être, mais de simple goût quand même !

[9] L’acte de foi ne nous fait-il pas dire que nous croyons tout ce que Dieu a révélé et qu’il nous enseigne par son Eglise, car il ne peut ni se tromper ni nous tromper. Nous croyons parce que Dieu est infaillible ; or, nous ne croyons que par l’enseignement de l’Eglise : si celle-ci est infaillible, elle tient cette infaillibilité de Dieu même, dont elle est le Corps ; donc, tout ce qui est susceptible d’errer n’est pas l’Eglise. Dès l’origine de leur schisme, les hérétiques protestants ne se sont ainsi jamais faits prier pour proclamer hautement que leur église n’est en aucun cas infaillible. Se rendent-ils compte que, en vertu de leur propre principe de faillibilité, ils affirment qu’ils doivent exciter la défiance et être toujours présumés menteurs ? Ils veulent à tout prix être anticatholiques ; c’est pourquoi ils sont moins humains que sataniques, leur père étant celui qui est menteur dès l’origine.

[10] Les modernistes formulent cette constatation comme un reproche ; mais les traditionalistes qui s’identifient à la thèse se complaisent souvent dans une attitude « décalée » par rapport à la Modernité, dont la forme la plus générale est une sorte de passéisme nostalgique, qui leur fait considérer telle ou telle époque (« juste avant le concile » !), tel ou tel moment de la Modernité (« les années cinquante » !) comme le summum ou le standard du monde traditionnel. Voilà pourquoi la plupart du temps ils ne parviennent qu’à être ridicules et odieux, non seulement aux yeux de leurs contemporains, mais surtout à ceux des hommes de la Tradition, que ces puérilités affligent comme autant d’acceptations implicites de la Modernité.

[11] Selon le principe lex orandi lex credendi – de la liturgie découle la théologie –, ce qui réfute l’hypocrite argument selon lequel « Vatican II » n’autorisa jamais une nouvelle théologie : il suffisait de modifier la liturgie pour que la foi s’adultérât.

[12] Il est à prévoir que, tôt ou tard, d’autres thèmes synthétiques surgiront.

[13] Ne parle-t-on pas, en Orient, de « divine Liturgie » ? La « liturgie » de Paul VI est une reconstruction douteuse, opérée par une science archéologique qui non seulement ne manie que des débris, mais encore en méconnaît totalement l’esprit ou même la mentalité dont ils sont les vestiges.

[14] Ce serait être encore moderne et esclave de la dialectique moderne, que de rajouter : « en opposition avec l’antithèse ». Nul ne nie que la synthèse corrige, voire réduit à rien, l’antithèse. Mais en est-elle pour autant une bonne chose ? – Non, assurément ; le croire, c’est être, dans le fond, un partisan aussi fanatique que naïf de la thèse : donc, un parfait moderne.

[15] Un bon exemple nous est fourni par les opposants à la « pensée unique ». Ceux-ci critiquent la relative impossibilité de s’exprimer librement sur certains sujets « sensibles » sous peine de représailles judiciaires, et comparent la dictature du « politically correct » à l’Inquisition. Or, qu’est-ce que cela implique ? Que, « si nous étions vraiment en Modernité », chacun serait libre de s’exprimer à sa guise, sans craindre les persécutions. Donc la Modernité est encore trop « traditionnelle » (selon la définition de la thèse, bien entendu).

[16] La Tradition, avec ses nombreux jours chômés, sa prohibition de l’usure, son mépris pour le commerce, sa sacralisation du travail, qui limitait celui-ci à la production de formes hiératiques, empêchait le « developpement économique », l’essor de la société moderne, qui est synonyme de société marchande.

[17] S’autorisant même du récit du sommeil de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la barque au sein de la tempête, certains partisans de la Synthèse voient dans toute réaction face à l’apostasie un manque de foi ! Ce qu’ils oublient, c’est que jamais saint Pierre, dans la barque, n’a aimé la tempête, ni démoli les sabords afin de mettre l’esquif en harmonie avec elle, contrairement aux « papes » conciliaires, qui font cause commune avec la Modernité, et œuvrent à son amélioration, collaborant ainsi avec le projet maçonnique d’une société non traditionnelle (c’est-à-dire structurellement apostate) stable et paisible.

[18] On remarquera que, comme il se doit, cette définition conciliaire de la thèse est elle-même fausse, dans le fond, car elle réduit la Modernité à un seul de ses aspects – l’avortement ; or, cet aspect n’est qu’une conséquence (parmi d’autres) de la notion fondamentalement moderne de la liberté philosophique, à laquelle « Vatican II » a souscrit dans la constitution Dignitatis humanæ. Si seule la « culture de mort » est un mal, alors la Modernité est réformable, et c’est là tout ce qui importe, l’essentiel étant que la Modernité ne soit pas remise en cause en tant que telle. Toutefois, l’antithèse étant par définition vouée, sinon à un échec pur et simple, du moins à un succès très limité, tout ce que le combat de l’antithèse obtiendra sera, au mieux, une mitigation de la législation sur l’avortement, mais en aucun cas une éradication de l’erreur de la liberté philosophique. – puisque, d’ailleurs, la notion même d’antithèse institutionnelle (l’ « opposition » politique, « garde-fou » du gouvernement en place) est enracinée dans cette liberté philosophique.

[19] Galates 1.8.

[20] 2 Corinthiens 11.14.

[21] Contrairement au vrais conciles de l’Eglise, « Vatican II » a rejeté l’emploi de la formule canonique Si quis… anathema sit ; peut-être la Providence a-t-elle empêché l’impudence par trop criante d’un anathème anathémisant. Mais il est aussi possible de comprendre que, du moment que l’on s’ouvre à « l’ange de lumière », on s’identifie si bien à l’anathème, que la notion même en perd son odieux. Dans un sens, être moderne, c’est être anathème ; nous ne disons pas « volontairement moderne », car si tout homme naît avec le péché originel, pourquoi l’homme naissant en Modernité ne serait-il pas nativement anathème ? – De toutes façons, le baptême le purge de cette malédiction. Mais alors, la situation du baptisé volontairement moderne est « pire que la première »...

[22] Matthieu 7.16 ; 12.33.

 

 


 

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