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Les enseignements

du Confiteor

 

_____

 

Plan du texte :

 

1. L’anthropologie du Confiteor

2. Première partie du Confiteor : la « descente »

3. Diverses perspectives

4. La partie centrale du Confiteor : l’accusation

5. La dernière partie du Confiteor : la « remontée »

 

 

 

Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

 

Mes très chers frères,

 

A

vec l’aide de Dieu, nous nous proposons aujourd’hui de traiter de la confession publique des péchés ; toutefois, tout ce que nous dirons pourra aussi s’appliquer au sacrement de la Pénitence proprement dit. Ouvrez donc tout grand les oreilles de votre cœur, et priez le Seigneur qu’il vous accorde de comprendre ce qui sera dit.

 

Vous savez qu’il était d’usage dans la primitive Eglise que tout baptisé qui avait péché en fasse la confession – sans préjudice pour la confession secrète – devant l’assemblée réunie, selon la parole de saint Jacques : « Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres » (Jc. 5.16). Cette confession publique de ses péchés n’avait pas pour but d’exposer le pécheur au mépris, mais plutôt de lui donner l’occasion et l’opportunité de « s’humilier [lui-même] sous la main puissante de Dieu, afin que celui-ci l’élève au temps convenable » (1 Pi. 5.6). Plus tard, quoique la discipline s’adoucît quelque peu en pratique, l’usage de confesser publiquement ses péchés en employant la première personne du singulier ne se perdit jamais ; ainsi, alors même que l’assemblée tout entière prononce les mots de la confession, chacun en particulier s’accuse lui-même de ses propres péchés particuliers.

 

La Liturgie occidentale traditionnelle fait usage de la formule appelée Confiteor d’après le verbe latin par lequel elle commence, « je confesse ». Il est bon que nous en rappelions l’intégralité, car nous tâcherons de l’expliquer et d’en montrer le bien-fondé.

 

« Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Vierge Marie, toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux saints Apôtres Pierre et Paul, à tous les saints, et à vous, mon Père[1], que j’ai beaucoup péché, par pensées, par paroles et par actions. C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute. C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Vierge Marie, toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les saints Apôtres Pierre et Paul, tous les saints, et vous, mon Père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. »

 

C’est le Concile de Ravenne (1314) qui a fixé la forme définitive du Confiteor ; à ce titre, nous sommes en droit d’y porter une attention extrêmement méticuleuse, puisque les textes émanant des conciles de l’Eglise sont investis d’une autorité incomparablement plus grande que ceux des théologiens. Remarquons que, de ce fait, le Confiteor n’est pas une « invention populaire », ou individuelle, qui reflèterait les croyances de cette époque, ou celles d’un particulier, mais bien un texte ecclésiastique jouissant de toutes les garanties de conformité à ce que l’Eglise a toujours cru et pratiqué. En outre, que la confession publique des péchés se fasse en d’autres termes dans les liturgies orientales importe peu, puisque seule compte l’orthodoxie intrinsèque des paroles employées.

 

Ce qui frappe l’esprit au premier abord, c’est la double mention d’une série de personnages (« la bienheureuse Vierge Marie, toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les saints Apôtres Pierre et Paul, tous les saints, et vous, mon Père ») auxquels, tout d’abord, le chrétien confesse « qu’il a beaucoup péché », et, ensuite, qu’il « supplie de prier pour lui le Seigneur notre Dieu ». La structure du Confiteor est constituée d’une « descente » et d’une « montée » ; dans l’intervalle se trouvent les paroles de la confession proprement dite. « Dans la première, l’homme se confond de regret devant Dieu, devant le ciel et la terre ; dans la seconde, il supplie ce ciel et cette terre d’apaiser Dieu pour lui et de lui obtenir son pardon. »[2] Au cours de ce sermon, nous essaierons de montrer les implications holistiques d’une telle confession, ainsi que de mettre en lumière son profond enracinement scripturaire.

 

A la lumière des passages que nous avons lus dans 1 Jean 1.5-2.2 et dans 2 Samuel 12, nous constatons une chose importante : contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce texte de la confession des péchés ne se limite pas à la confession de péchés particuliers commis par des chrétiens individuels ; il ne s’agit pas non plus d’une confession à portée générale (comme dans l’usage de l’église réformé) dans laquelle nous dirions au Seigneur : « nous confessons nos péchés », « nous nous reconnaissons pécheurs ». Il s’agit d’une sorte de milieu entre les deux et en suivant simplement la structure du texte, nous allons voir ce que les Ecritures ont à nous dire concernant son contenu et son sens pour nous.

 

1. L’anthropologie du Confiteor

 

Que lisons-nous tout d’abord ? « Je confesse » – puis vient une liste de personnages – « que j’ai beaucoup péché, par pensée, par parole et par action ». L’affirmation initiale de cette confession emploie la première personne du singulier – non pas « nous confessons », mais « je confesse » : chaque chrétien qui assiste à la liturgie se reconnaît pécheur et fait siennes, très personnellement, les paroles qui sont récitées en commun.

 

Mais que confesse-t-il et à qui ? « Je confesse… que j’ai beaucoup péché ». Remarquons une première chose : cette confession ne porte, encore une fois, ni sur le caractère pécheur de la nature humaine, ni sur le rappel de la chute de nos premiers parents ; c’est une confession personnelle de « mes » péchés particuliers. « Je confesse que j’ai beaucoup péché ». Ce sont les paroles d’un chrétien qui vit ici-bas, dans l’état de voie, et qui reconnaît qu’il a commis de nombreux péchés actuels. Vous connaissez la définition que donnent les Saintes-Ecritures du péché : « le péché est la transgression de la Loi ». En confessant que j’ai beaucoup péché, je reconnais qu’en maintes façons, j’ai transgressé la Loi.

 

En confessant nos péchés, nous affirmons implicitement la bonté et de la sainteté de la Loi. S’il nous faut confesser nos péchés, seule la Loi divine peut constituer la Norme et le critère universels de la discrimination entre ce qui est bien et ce qui est mal.

 

« Je confesse que j’ai beaucoup péché » ; je confesse mes péchés personnels et je les confesse à un certain nombre de personnes. D’abord je les confesse « à Dieu tout-puissant », ensuite, je les confesse « à la bienheureuse Vierge Marie, à Saint Michel Archange, à Saint Jean-Baptiste, aux saints apôtres Pierre et Paul, à tous les saints » et enfin « à vous mon Père ».

 

Que voyons-nous dans la première énonciation de cette liste de personnages évoqués dans cette confession ? Que pouvons-nous en dire ? La confession s’adresse en premier lieu, et cela se comprend aisément, « à Dieu tout-puissant ». La confession commence par Dieu et s’achève par Dieu ; dans la deuxième liste, le Seigneur Dieu se trouve à la fin. « Je confesse à Dieu tout-puissant » signifie que la première personne et la seule personne à laquelle il faut confesser ses péchés c’est le Dieu tout-puissant. Vous vous souvenez de cette parole du Psaume 51 – qui est le psaume de la pénitence par excellence, et qui correspond à l’épisode de David que nous avons lu tout à l’heure. Il est écrit : « J’ai péché contre toi seul, j’ai fait ce qui est mal à tes yeux. » (v.6)

 

Que voyons-nous donc ? Souvenez-vous de ce que nous avons vu dimanche dernier : Dieu est le seul Saint, et pourtant il y a plusieurs saints. De même, nous voyons que ce « toi seul » n’est pas exclusif de la Cour céleste. Techniquement, pratiquement et historiquement, David avait péché tout d’abord contre la femme d’Urie et ensuite contre Urie lui-même en le faisant assassiner. Et pourtant, toutes ces choses, David les résume en une phrase : « J’ai péché contre toi seul ». Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement que la première et la seule personne qui est offensée, lésée dans le péché c’est le Seigneur Dieu tout-puissant.

 

Il ne s’agit pas de Dieu en lui-même, du Dieu non révélé, du Dieu caché ; il ne s’agit pas non plus du Seigneur de gloire, ni du Seigneur en tant que Juge, ni uniquement du Seigneur en tant que Maître souverain ou que celui qui est le seul Saint ; il s’agit très précisément de confesser ses péchés « à Dieu tout-puissant ». Nous devons donc comprendre ce que signifie cette désignation. Qui est et quel est ce Dieu tout-puissant ?

 

Vous vous souvenez que dans le Credo il est dit : « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles ». C’est donc à Dieu en tant que Créateur, à Dieu qui, par sa toute-puissance efficace, a créé tout ce qui existe. Cette toute-puissance divine ne signifie pas que Dieu est capable de faire tout et n’importe quoi : Dieu veut sa propre Volonté, qui est conforme à sa Nature propre de Bien suprême. Cette toute-puissance de Dieu correspond à son aspect de Dieu Créateur. Nous confessons donc nos péchés à Celui qui nous a créés.

 

Il n’est pas difficile de comprendre que, si nous confessions directement nos péchés à Dieu en tant que le Juge ou le seul Saint – devant qui même les anges ne sont pas purs, nous serions dans un tel état d’écrasement et de destruction, qu’il est peut-être même probable que nous serions détruits par cette seule invocation du Dieu trois fois saint en lui-même, qui est un feu dévorant.

Le Dieu auquel l’Eglise nous fait confesser nos péchés, c’est le Dieu tout-puissant c’est-à-dire le Dieu Créateur. Bien entendu, le Créateur et le Juge sont une seule et même Personne ; mais les aspects de la Divinité ne peuvent être réduits les uns aux autres, et considérés comme de simples synonymes. Dieu se manifeste d’une façon ou d’une autre et, croyez-le bien, l’état de la créature à laquelle il se révèle varie grandement en fonction de l’aspect révélé. L’Eglise nous fait nous adresser à notre Créateur comme à Celui qui est « au courant » de notre état, qui est au courant de l’histoire de l’homme et de sa chute, quelqu’un qui sait de quoi nous sommes faits, d’ailleurs c’est ce que dit un psaume : « Tu sais de quoi nous sommes fait, souviens-toi que l’homme n’est que poussière ».

 

« Je confesse à Dieu tout-puissant », signifie donc « je confesse au Dieu Créateur ». Ayant cela en tête, avançons un peu. Il ne s’agit pas simplement de trouver quelqu’un qui nous « comprenne » et qui nous excuse – puisque de toute façon même si le Seigneur nous comprend, il ne peut nous pardonner qu’en Jésus-Christ et par le sacrifice unique de la croix. Il est important de comprendre que nous confessons nos péchés, non pas comme des atomes individuels devant le Dieu trois fois saint, mais comme faisant partie à part entière de la totalité de la réalité dont Dieu est le Créateur. Nous ne pouvons confesser nos péchés que dans la mesure où nous reconnaissons consciemment que le monde ne se constitue pas d’hommes-atomes postés en face du Créateur, mais bien que chaque homme est lié à tous les autres êtres de la création par des liens très réels d’une solidarité aussi mystérieuse qu’attestée par les Saintes-Ecritures. « Car la création, dit S. Paul, a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. » (Rom. 8.20-23)

 

« Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, disent les Saintes-Ecritures, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde » (Pr. 28.13). Le fidèle qui récite le Confiteor prononce trois affirmations successives : « Je confesse », « C’est ma faute » et « Je supplie », qui sont l’armature même de la confession. Ce faisant, nous l’avons dit, il ne « cache » pas ses transgressions, il s’humilie ; afin d’obtenir miséricorde il s’abaisse volontairement devant « Dieu tout-puissant ». Mais il se confesse aussi pécheur devant un certain nombre de créatures. Faut-il donc voir dans ces personnages des « concurrents » du Seigneur ? Comme nous venons de le dire, nous serions portés à le croire, puisque le psalmiste déclare : « j’ai péché contre toi seul, et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux » (Ps. 51.6). Or, en tant que chrétiens, donc vivant sous la nouvelle Alliance, quel est le Dieu contre lequel nous péchons, sinon le Créateur, Souverain, Législateur et Rédempteur révélé au sein de l’ordre allianciel ? Nous aurions tort de séparer Dieu de l’ordre qu’il a établi et selon lequel ses décrets se réalisent. Cet ordre peut être décrit comme celui de la Jérusalem céleste ou nouvelle création. Quiconque transgresse la loi divine pèche (1 Jn. 3.4), et se nuit à lui-même (Pv. 8.36), pour la bonne raison qu’il s’exclut lui-même de l’ordre salvifique. Plus encore, il se place délibérément en dehors de la création, car le mal étant le non-être (ou la destruction de l’être), pratiquer le mal c’est accomplir les œuvres des ténèbres (Rom. 13.12) et « travailler en vain » (Ps. 127.1). L’ordre dont il est question ici est cet ordre unique qui structure tous les degrés de la création, qu’ils soient « naturels » ou « préternaturels », et qui en agence les finalités respectives en fonction de la fin de la créature humaine qu’est le Bien Suprême – la vision béatifique.

 

En outre, non seulement celui qui a péché « sort »-il de l’ordre des choses, mais, plus grave encore, par son retrait même il y sème le désordre, qui est, à proprement parler, la perturbation de l’Ordre établi par Dieu. Cela nous amène déjà à deux considérations très importantes : tout d’abord, que la réfutation de l’individualisme par la théologie traditionnelle n’est pas tant morale que cosmologique : l’atome individuel n’existe pas, car toutes les créatures sont liées entre elles par une multitude de liens, (dont les biologiques, familiaux et sociaux ne sont que les moindres et les plus périphériques), de sorte que la défection d’une créature affecte mystérieusement toutes les autres. Cela est d’autant plus vrai dans l’ordre du Corps du Christ, dont il est dit que « si un membre souffre, tous souffrent avec lui » (1 Cor. 12.26). Le chrétien en état de voie vit donc entouré du saint et vivant aréopage de l’Eglise militante et de l’Eglise triomphante, de sorte que la première motivation de sa confession est avant tout d’ordre moral. « Il s’accuse d’abord devant Dieu. Mais il semble dire non seulement je veux me confesser à Dieu, mais encore à tout ce qui est saint, afin que tous ceux auxquels je me confesse demandent pardon pour moi et avec moi. Aussi se hâte-t-il d’ajouter : Je me confesse à la bienheureuse Marie toujours Vierge. Sans doute il n’a pas offensé la sainte Vierge, mais il a péché devant elle, et cette pensée lui suffit pour motiver la confession qu’il lui fait. Il passe ensuite à l’archange saint Michel, si grand et si puissant, préposé à la garde de nos âmes, principalement au moment de la mort. Il se confesse également à saint Jean-Baptiste, que Notre-Seigneur a tant aimé et qui fut son précurseur, puis à saint Pierre et à saint Paul, les princes des Apôtres. » Enfin, il « s’adresse aussi dans cette confession à tous ceux qui l’entourent, ajoutant : Et à vous mes frères ; parce que, s’humiliant comme pécheur, non seulement il s’accuse devant ceux qui sont déjà glorifiés, mais encore devant tous ceux qui sont présents. »[3]

 

Notre seconde remarque est que, de même que le défaut de participation à l’Etre par la pratique du bien engendre le désordre au sein de la création, de même la pratique de la confession publique des péchés à l’aide du rituel approprié peut, seule (si elle est faite avec un cœur bien disposé), défaire ce qui a été commis, et donc non seulement réintégrer le pécheur au sein de l’ordre, mais encore restaurer ce qui a été troublé, voire détruit.

 

Nous comprenons donc que l’ordre cosmologique ne diffère de l’ordre du salut qu’en fonction du point de vue où nous nous plaçons. Il ne s’agit pas de confondre l’ordre de la nature et celui de la grâce, mais bien de ne pas les disjoindre au point de les réduire à deux entités indépendantes. Cela s’entend, si nous nous rappelons que le Seigneur Jésus-Christ est « le principe de toute la création de Dieu » (Ap. 3.14), dans lequel toutes choses ont été faites, et sans lequel rien de ce qui existe n’a été fait (Jn. 1.3) : c’est en lui, par lui et pour lui que les créatures ont été créées et qu’elles sont recréées, selon le bon vouloir de Dieu.

 

En péchant, la créature régénérée (le baptisé) lèse et le microcosme[4] et le macrocos-me[5] ; ce faisant, c’est sa structure propre qui est atteinte. C’est dire si les points de vue macrocosmique et microcosmique sont très relatifs, puisque, de l’avis unanime des Pères, « l’homme est en petit ce que le monde est en grand », quoique, sous un autre rapport, l’homme, fait à l’image de Dieu, soit plus « grand » que l’univers, qui ne peut contenir son Créateur.

 

Pour être réintégré, pour obtenir le pardon de Dieu, l’homme doit reconnaître (confesser) son péché. Il serait vain d’invoquer la gratuité du pardon pour dispenser l’homme de la confession. En confessant ses péchés, l’homme se met en état de recevoir la grâce dont il est privé lorsqu’il est en état peccamineux. La confession fait partie de l’économie divine en fonction de laquelle l’ordre des choses subsiste et fait tendre toutes les créatures au Bien Suprême.

 

Il ne « suffit » donc pas de confesser ses péchés ; encore faut-il le faire d’une manière qui soit agréable à Dieu : celle-ci consiste à passer en revue tout ce qui a été fait, ce que les Saintes-Ecritures décrivent comme le processus par lequel l’homme avoue ses fautes afin de les délaisser.

 

Si c’est contre « Dieu seul » que la créature humaine a péché, ce n’est pas « Dieu en soi »[6] qu’elle a offensé, mais, nous le disions, Dieu révélé dans ses œuvres. Pour s’humilier véritablement, il ne suffit pas que l’homme reconnaisse qu’il a péché contre Dieu et contre les hommes (cf. Lc 15.18) ; il devra, en outre, prendre conscience de l’énormité, de la hideur et de la monstruosité de son péché, en passant en revue tout ce qui, dans l’ordre dont il fait partie et par lequel il est lui-même structuré (microcosmiquement) a été lésé. C’est ainsi que, en plus de sa fonction rituelle, le Confiteor enseigne une doctrine proprement anthropologique – donc cosmologique.

 

Nous découvrons dans l’énumération des personnages témoins de la confession, non seulement les êtres authentiques dont l’existence est révélée par les Saintes-Ecritures, mais encore les « éléments » constitutifs de la nature humaine. En péchant, en nous avilissant, c’est eux en tant que prototypes que nous insultons et offensons, à la fois dans l’ordre des choses et en nous-mêmes. Voyons comment, dans cette perspective, s’effectue la réparation.

 

2. Première partie du Confiteor : la « descente »

 

Cette première partie de la confession correspond véritablement au sens des paroles du psalmiste dans le Psaume 51.6 : « J’ai péché contre toi seul, j’ai fait ce qui est mal a tes yeux ». Le psalmiste resitue le péché dans le contexte dans lequel il a été commis, c’est-à-dire devant Dieu, au sein de la création qu’a voulue et créée le Dieu tout-puissant vers lequel je me tourne actuellement.

Le pécheur dit, tout d’abord, « Je confesse », signifiant par-là que c’est en tant que personne responsable qu’il s’engage dans la voie de la réintégration (d’où l’inefficacité d’une confession « communautaire », qui laisserait dans le flou l’identité précise du confessant en utilisant la première personne du pluriel). Ensuite, la confession débute par « Dieu tout-puissant », à l’image duquel le « je » qui confesse a été fait. Nous ne confessons pas nos péchés à Dieu comme à quelqu’un qui serait « étranger » ou « extérieur » à la nature humaine ; l’homme se définissant essentiellement comme « créé à l’image de Dieu », ce qui le distingue de toutes les autres créatures, il est naturel que la confession s’adresse en premier lieu à son Créateur, qui est, affirment les Pères, plus proche de nous que nous ne le sommes de nous-mêmes.

 

En second lieu la confession s’adresse à la création douée de raison, dont le sommet et la culmination n’est autre que la Bienheureuse Vierge Marie, en tant que principe de la nature en soi. Ainsi, la bienheureuse Vierge Marie résume la nature qui a conçu le Seigneur Jésus-Christ, qui l’a mis au monde et donc qui a été pleinement christifiée ; juste en dessous du trône de Dieu, vient la nature divinisée ou participante de la nature divine. Il est nécessaire de reconnaître que chaque péché actuel tire son efficace du péché originel, celui-là même qui a blessé la création au point de la « soumettre à la vanité contre son gré » (Rom. 8.20). Le baptême ayant effacé et la coulpe et la souillure du péché originel, quoique la blessure subsiste, le baptisé qui pèche se rend coupable d’une apostasie très grave, puisque, ce faisant, il « réactive » pour ainsi dire le péché originel, « il est aveugle, il ne voit pas de loin, et il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés. » (2 Pi. 1.9)

 

Ensuite le chrétien confesse ses péchés à saint Michel Archange. Prenant la partie pour le tout, il se confesse devant le chef des milices célestes, c’est-à-dire devant tous ces états de la créature raisonnable, ces états non corporels, proprement spirituels, qui ne symbolisent rien d’autre que les degrés et les échelons supérieurs de l’Echelle sainte. Les anges sont des créatures célestes et spirituelles au service de Dieu qui sont à présent fixés dans leur état d’obéissance à Dieu, dont ils ne peuvent plus déchoir, et S. Michel est leur chef.

Les anges représentent le deuxième étage (si l’on peut dire – en fait le premier, après celui la Bienheureuse Vierge Marie) de la création de Dieu, état des créatures qui servent à la louange de Dieu, et sur lesquels repose aussi sa gloire puisque nous savons que le Seigneur siège sur les chérubins (Ps. 99.1, par ex.).

 

Alors que la bienheureuse Vierge Marie a été élevée au-dessus des sphères angéliques, anticipation de ce qui sera la destinée finale de l’Eglise, non pas arbitrairement mais parce que le Seigneur a agréé l’humilité de sa servante et a reconnu et récompensé en elle ses propres dons, le chrétien qui pèche, lui, fait acte d’orgueil, refuse de se soumettre. Ce faisant, il n’imite pas la Bienheureuse Vierge Marie, et se rend donc incapable de pratiquer l’imitation de Jésus-Christ, pour sa propre ruine.

 

Il y aurait bien des choses à dire à ce propos, mais contentons-nous de relever ce point : S. Michel Archange est celui qui nous défend dans les combats contre les attaques de l’ennemi de nos âmes. Lorsque nous cédons aux tentations du monde, du diable et de la chair, lorsque nous refusons d’obéir à Dieu et de pratiquer ses commandements, lorsque nous aimons ce qui nous précipite dans l’iniquité et les délices du péché, hé bien ! nous manifestons notre opposition à la mission divine de l’Ange du Seigneur, et nous faisons le jeu du démon.

 

Ensuite il est dit « je confesse… à saint Jean-Baptiste, aux saints apôtres Pierre et Paul ». Que sont saint Jean-Baptiste et les saints apôtres Pierre et Paul, sinon les deux faces de la Loi dans le sens où saint Jean-Baptiste, vous le savez très bien, est le plus grand prophète de l’Ancien Testament – c’est le Seigneur Jésus qui l’a dit lui-même puisqu’il est l’Elie qui devait venir – il est le plus grand et le dernier des prophètes de l’Ancien Testament. Il représente donc cet usage particulier de la Loi qui appelle au repentir : « convertissez-vous et aplanissez les sentiers ». Les saints apôtres Pierre et Paul, qui sont les plus grands des apôtres, font suite et complètent – quoique non exclusivement, bien sûr – saint Jean-Baptiste, dans ce sens où ils représentent l’intelligence de la loi accomplie en Jésus-Christ. Nous voyons donc en Saint Jean-Baptiste et en Saint Pierre et Saint Paul tout simplement le fondement, à la fois naturel et surnaturel, de l’Eglise, puisque nous sommes fondés et enracinés dans les apôtres et les prophètes, Jésus-Christ étant la pierre angulaire (Eph. 2.20).

 

En dessous de la réalité angélique se trouve la réalité qui est soumise à la loi, c’est-à-dire le monde de l’existence, le monde que la Théologie traditionnelle appelle le monde sublunaire, celui qui est sous la lune, qui est soumis aux changements, aux variations, et qui est régi par la Loi de Dieu. Il est donc représenté à juste titre par Saint Jean-Baptiste qui représente l’Ancien Testament et les saints apôtres Pierre et Paul qui représentent la totalité du Nouveau Testament ; le premier étant l’apôtre des juifs et le second l’apôtre des gentils, ils résument ainsi la totalité de l’œuvre que représentait le grand mandat du Seigneur. La création sublunaire est représentée par ses chefs.

 

Ensuite nous disons : « à tous les saints ». Je vous rappelle que les saints correspondent à toute la cour céleste qui, comme nous l’avons vu dimanche dernier, règnent avec le Seigneur Jésus-Christ. Ils ne règnent pas seulement nominalement, mais réellement avec lui ou, plus précisément, le Seigneur règne en eux et par eux : les saints sont son corps, inséparable de sa Tête. Non seulement le chrétien confesse-t-il qu’il a péché aux chefs S. Jean-Baptiste, S. Pierre et S. Paul, mais encore « à tous les saints », à toute la cour céleste qui n’est ni angélique ni originellement prophétique ou apostolique, et que forment tous les saints, c’est-à-dire le Corps du Christ en général. Or ce Corps n’est autre que la nouvelle création ; après avoir confessé à Dieu tout-puissant, le Créateur et le Recréateur absolu, il est temps de faire amende honorable à la Création, à la Nouvelle Création, car elle a pour finalité d’être le support de la gloire de Dieu. La Création en soi, c’est la Bienheureuse Vierge Marie ; la Création reformée, régénérée, c’est les enfants de Marie, tous les saints qui sont parvenus à la ressemblance du Seigneur Jésus. Mais d’une façon plus générale, « tous les saints » désigne les membres de l’Eglise militante, pour lesquels le chrétien particulier qui pèche est un objet de scandale, de souffrance et éventuellement de chute (Mth. 16.18).

 

Lors donc que nous confessons nos péchés, nous le faisons non seulement devant la création in divinis ayant atteint sa finalité (la Ste Vierge), mais nous les confessons aussi devant la nouvelle création (l’Eglise) dont nous faisons partie. Si nous ne faisions pas partie de la nouvelle création nous n’aurions même pas l’idée de confesser nos péchés. Voilà pourquoi réciter de tout son cœur le Confiteor a pour vertu de placer le chrétien au sein même de la Réalité – soit dans le Principe, Jésus-Christ lui-même. On comprend mieux pourquoi l’Eglise affirme que cette récitation est un sacramental, et qu’elle obtient la rémission de tous les péchés véniels : celui qui supplie le Seigneur de le replacer en son Lieu, en Christ, ne supplie pas en vain…

 

Enfin nous confessons « à vous mon Père » que nous avons beaucoup péché. Se confesser devant toute la Cour céleste, devant la Création et la Nouvelle création, au sein même du Principe des œuvres de Dieu ne suffit pas ; il faut faire acte d’allégeance à l’Institution divino-humaine établie par Dieu pour être le lieu du salut des hommes : l’Eglise. « A vous mon Père » fait référence à la hiérarchie qui structure l’Eglise de Jésus-Christ. Le « père » en question c’est le prêtre, appointé par le Seigneur pour l’édification, la construction et pour la discipline du Corps du Christ et plus particulièrement pour l’édification et de la conduite de l’Eglise militante, pour la direction des êtres en état de voie.

 

La dernière personne à laquelle nous confessons nos péchés, devant qui nous nous reconnaissons pécheur,  c’est tout simplement le représentant divin, grâce auquel la divine liturgie est célébrée, c’est le représentant de l’économie de la grâce divine dans la création : c’est à lui que le Seigneur a conféré, par ses Apôtres, le pouvoir de lier et de délier, le pouvoir de pardonner les péchés (Jn 20.23). C’est par lui que Dieu a voulu dispenser ses grâces.

 

3. Diverses perspectives

 

Qu’avons-nous pu constater dans cette première partie de la confession des péchés ? Lorsque nous disons « je confesse à Dieu tout puissant » la liste des personnages qui suivent n’est autre que, si on peut dire, l’énonciation des diverses facettes du Dieu tout-puissant notre Créateur et Recréateur auquel nous nous adressons. Nous ne nous adressons pas à un Dieu abstrait, lointain ou qui n’aurait rien à voir avec la création. Au contraire, nous confessons au Dieu tout-puissant, qui a tout créé et duquel procède l’ordre admirablement agencé de réalité, représenté par la bienheureuse Vierge Marie, Saint Michel Archange, Saint Jean-Baptiste, les saints apôtres Pierre et Paul et tous les saints, – ce Dieu même qui a aussi instauré l’économie de la dispensation de la grâce dans l’Eglise par le moyen des sacrements. Il est bien impossible de séparer le Dieu créateur, souverain et législateur du Dieu rédempteur.

 

Mais de ce grand Dieu, on ne peut s’approcher qu’en Christ, autrement son infinie justice devient pour la créature pécheresse le feu dévorant de la colère.

 

Le Dieu créateur, c’est le Dieu tout-puissant ; le Dieu souverain, c’est le Dieu dont la liste des personnages constitue la cour ; le Dieu législateur est manifesté par Saint Jean-Baptiste et les saints apôtres Pierre et Paul, qui sont les représentants et les porte-parole de la Loi divine ; et enfin le Dieu rédempteur se manifeste au travers de tous les saints qui sont le témoignage vivant de l’efficacité du salut qu’il opère en faveur de sa créature, au sein de l’Eglise et par elle.

 

Mes très chers frères, nous voyons bien qu’il s’agit ici de confesser nos péchés au sein de l’ordre des choses dont nous faisons partie. Nous avons dit que la confession des péchés dans l’Eglise, au cours de la liturgie traditionnelle, n’est en aucune manière individualiste ; à présent, nous affirmons qu’elle est, bien au contraire, personnelle. Qu’est-ce à dire ? C’est bien simple : l’individu est une fiction pseudo-philosophique qui n’a aucune réalité ; tout au plus pourrait-on désigner par ce mot l’homme déchu, non régénéré et abandonné à lui-même. En revanche, l’homme, fait à l’image de Dieu et recréé par le baptême, est appelé à être transfiguré à la ressemblance divine, à devenir participant de la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité. Pour être réintégré, il lui est nécessaire de confesser personnellement ses péchés ; ce faisant, il confesse avoir nuit à l’ordre universel par son péché, et il requiert très humblement la grâce de ne pas être damné pour cela, car il le mériterait. La confession « entre moi et Dieu » est une énumération orgueilleuse de ses péchés devant un vis-à-vis prestigieux, certes, mais détaché de sa propre manifestation et de son règne dans sa Création. Cet acte s’apparente plus à la révolte de Lucifer qu’au mouvement de retour du fils prodigue à la Maison du Père.

 

Il y a encore un aspect du Confiteor que nous aurions grand tort de passer sous silence – cela dût-il allonger un peu ce sermon, pourtant fondamental pour la connaissance et la pratique de ce qu’est la vie chrétienne.

 

La Théologie traditionnelle établit, nous l’avons dit, la correspondance entre le macrocosme et le microcosme. L’ordre du monde en général est la structure de chaque être humain en particulier. Qu’est-ce que cela signifie ? Que non seulement nous nous situons dans le grand monde dans lequel nous sommes nés et dans lequel nous vivons, mais aussi – et c’est là que cela devient encore plus intéressant et lumineux – en prononçant le Confiteor nous soulignons non seulement notre place dans ce monde, mais aussi nous mettons en évidence que le péché perturbe notre propre ordre intérieur en fonction duquel nous somme créés et qui nous structure, de sorte que nous sommes aliénés de nous-mêmes – et plus précisément de notre Vrai Moi, Jésus-Christ. En prononçant le Confiteor, nous passons en revue toutes les parties (si l’on peu dire), toutes les pièces constitutives du microcosme qui ont été désordonnées, dérangées et désorganisées par notre iniquité et notre folie. Réciter de tout son cœur le Confiteor rituel est très exactement symbolisé par l’acte de peigner sa chevelure. Le peigne (instrument employé liturgiquement au Moyen-Age[7]), c’est la Norme, la structure irréformable de la Loi, qui démêle et organise la chevelure, qui symbolise alors l’être naturel et désordonné, et qui, à mesure que le peigne passe et repasse en elle, se dépêtre, se structure, et atteint finalement l’harmonie qui lui est propre, et qui fait toute sa beauté. La création, en Grec cosmos a aussi la signification d’harmonie, d’ordre. Dieu, dit l’Apôtre, est un Dieu d’ordre (1 Cor. 14.33).

Voilà pourquoi, soit dit en passant, le chrétien et la chrétienne ne peuvent se permettre de porter une chevelure hirsute, qui ne manifesterait que trop le désordre intérieur chronique de leur être. « Faites tout pour la gloire de Dieu », car il n’est aucun geste de la vie quotidienne qui n’ait un référent symbolique. Le baptisé ne fait plus rien de profane – mettez-vous bien çà dans l’esprit.

 

Lors donc que nous péchons, nous provoquons le désordre dans l’agencement harmonieux du microcosme.

 

Comment voyons-nous cela ? Reprenons brièvement cette confession, mais dans le cadre du microcosme : « Je confesse à Dieu tout-puissant », donc à l’image duquel j’ai été fait ; la première chose qui est lésée en nous lorsque nous péchons, c’est l’image de Dieu en nous.

 

Ensuite nous confessons « à la Sainte Vierge Marie »; vous vous rappelez que la Vierge Marie est le symbole de l’âme ou du cœur du chrétien qui est capable de concevoir le Seigneur Jésus et de le mettre au monde ; donc nous confessons à notre nature, créée non seulement à l’image de Dieu, mais aussi qui correspond à cette image de Dieu, c’est-à-dire à la nature qui est capable de Dieu, qui est faite pour Dieu, et qui, de toute évidence, n’a pas reçu Dieu ; nous avons refusé de donner notre cœur au Seigneur donc nous avons refusé de le recevoir ; c’est pourquoi nous confessons en nous-mêmes, à la bienheureuse Vierge Marie qu’est notre cœur, que nous avons semé le trouble dans notre propre cœur qui est fait pour recevoir le Seigneur.

 

Ensuite, nous confessons « à Saint Michel Archange », c’est-à-dire à cette échelle sainte, à ces degrés saints qui sont placés dans notre cœur, comme le dit la Parole de Dieu ; S. Augustin souligne que cette échelle sainte se trouve en nous-mêmes ; nous nous confessons donc à ces degrés angéliques qui pourraient être les nôtres et qui ont été établis pour que nous les franchissions ; nous confessons à Saint Michel Archange en nous-mêmes, en ce sens où nous confessons que nous avons refusé de passer de cette nature aliénée, du monde visible au monde invisible, notre Patrie.

 

Nous confessons ensuite à Saint Jean-Baptiste qui appelle à la repentance, en référence à cette notion de loi nouvelle qui est gravée dans notre cœur et non plus sur des tables de pierre, et aux saints apôtres Pierre et Paul, que nous avons refusé de nous soumettre à l’enseignement apostolique qui nous commande une chose essentielle : « ce que Dieu veut, c’est votre sanctification ». Non seulement confessons-nous aux Apôtres que nous avons refusé d’obéir aux Saintes-Ecritures qu’ils ont rédigées, non seulement nous avons refusé d’obéir et de suivre la loi qui est gravée dans notre cœur, mais encore que nous avons refusé l’intelligence de Jésus-Christ qui est en nous et qui nous est donnée par le Saint-Esprit, que nous confèrent les sacrements perpétués par les Apôtres. Il est très grave et très dangereux de mépriser le fondement apostolique sur lequel nous sommes enracinés. Très grave, car c’est nous-mêmes que nous sapons.

 

Ensuite, nous confessons à tous les saints, c’est-à-dire à tous les autres membres dont nous sommes participants et avec lesquels nous formons le Corps du Christ ; en nous-mêmes nous confessons que notre péché a nuit à cette qualité de membre, de parcelle du Corps du Christ qui fait de nous des nés de nouveau (renati) par le Baptême.

 

Enfin, le dernier degré reste quand même extérieur à nous-mêmes, bien qu’à un certain degré, la notion de sacerdoce universel nous permet d’offrir à Dieu avec le Prêtre et Jésus-Christ et nous-mêmes, dans le culte logique qui lui est agréable. Si nous péchons nous nous rendons passibles de la discipline de l’Eglise dont nous sommes participants à part entière ; ce qui montre bien que nous nous lésons nous-mêmes lorsque nous péchons dans notre qualité même de membre du Corps du Christ, de celui qui jugera le monde et qui jugera les anges.

 

Nous voyons que cette première partie de la confession a non seulement pour but d’empêcher tout individualisme religieux et de nous replacer au sein du monde créé par Dieu, mais en outre elle a pour vertu de nous faire confesser à nous-mêmes nos propres fautes – et non pas avec un vague sentiment de notre péché – et de nous faire passer en revue toutes les parties constitutives du microcosme que nous avons lésées et qui se trouvent ainsi offensées dans leurs prototypes métaphysiques que sont la Sainte Vierge, Saint Michel Archange, Saint Jean-Baptiste, les saints apôtres Pierre et Paul, et tous les saints. Si nous péchons essentiellement contre Dieu et non contre eux, toutefois, en péchant devant eux, nous lésons ce qu’ils représentent en nous. Ainsi, la contrition parfaite pourra se produire.



[1] L’Assemblée dit : Et à vous, mon père, tandis que le célébrant, qui prononce le Confiteor en premier, dit : Et à vous, mes frères.

[2] D. Eugène Vandeur, La sainte Messe, notes sur sa liturgie, Abbaye de Maredsous, 1937, p.81.

[3] Dom Prosper Guéranger, Explication de la sainte Messe, Bruxelles : Association Saint Jérôme, 1985, p.13 et 14.

[4] Le « petit monde », soit la personne humaine.

[5] Le « grand monde », soit l’univers visible et invisible.

[6] Qui est impassible, et reste inaffecté par les actions des créatures.

[7] On peut voir le peigne de S. Bernard au Palais du Tau, à Reims. L’évêque l’employait avant de se coiffer de la mitre.

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