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Les Messes Grégoriennes

 

(Approuvé par l’Autorité Ecclésiastique)

 

Œuvre Expiatoire

La chapelle-Montligeon (Orne)

 

 

Définition du Trentain.

 

O

n donne le nom de Trentain grégorien à trente messes célébrées pendant trente jours et sans interruption pour la délivrance des défunts.

Tout le monde sait que la maternelle compassion de l’Eglise pour les saintes âmes du Purgatoire, non seulement lui a fait instituer pour elles le service des funérailles et le service anniversaire, mais encore a fait proposer aux fidèles les services des 3e, 7e et 30e jours, à cause des grâces particulières qu’elle y attache.

Pourquoi en particulier ce service du 30e jour ? Sans doute pour les raisons mystérieuses que donnent les auteurs liturgiques, mais aussi pour nous rappeler le souvenir de nos chers défunts et nous exhorter à prier pour eux sans relâche.

Ce 30e jour appelle nécessairement les autres qui le précèdent, et dès lors nous sommes en droit d’y voir déjà l’origine vraie, quoique non formelle, du Trentain.

Mais le Trentain, tel que nous l’avons défini, et tel qu’il est aujourd’hui en usage dans l’Eglise, remonte à la moitié du VIème. On en devrait l’institution à saint Grégoire le Grand, l’une des gloires de l’Ordre bénédictin, et l’un des plus grands Papes que Dieu ait donné à son Eglise.

 

Origine de cette dévotion.

 

S

aint Grégoire rapporte lui-même dans ses Dialogues (1. IV, c. XL), qu’un moine de son monastère, nommé Justus, exerçait la médecine, avec la permission de ses supérieurs ; il en avait profité pour recevoir, en cachette de son abbé, trois écus d’or. C’était une faute grave contre la pauvreté religieuse et monastique ; mais touché des remontrances de son frère Copiosus, à qui il avait avoué sa faute, humilié par la peine salutaire de l’excommunication, qui avait été prononcée contre lui, il mourut dans de vrais sentiments de repentir. Cependant saint Grégoire voulant inspirer à tous les frères une juste horreur du crime de propriété dans un religieux, ne leva pas pour cela l’excommunication ; il fut donc enterré à l’écart, dans l’endroit où l’on déposait les immondices, et les trois écus furent jetés dans la fosse, pendant que les religieux répétaient la parole de saint Pierre à Simon le Magicien : pereat pecunia tua tecum, que ton argent périsse avec toi. Mais quelque temps après, le saint abbé se sentant touché de compassion, fit appeler l’économe Pretiosus, et lui dit avec tristesse : « Il y a longtemps que notre frère défunt est torturé dans les flammes du Purgatoire ; nous devons, par charité, nous efforcer de l’en délivrer. Allez donc, et à partir d’aujourd’hui offrez pour lui le saint Sacrifice pendant trente jours ; n’en laissez passer aucun sans que l’hostie de propitiation soit immolée pour sa délivrance. »

L’économe se mit aussitôt en devoir d’obéir, mais occupé à mille autres soins, il ne songeait pas, non plus que l’abbé, à compter les jours. Une nuit, le défunt apparut à son frère Copiosus : – « Eh ! Quoi, c’est vous ! Commen vous trouvez-vous à cette heure ? – Jusqu’à présent, j’étais très mal, répondit l’apparition, mais à présent, je suis bien, car aujourd’hui même je suis admis dans la société des saints. » On compta les jours qui s’étaient écoulés depuis que l’on avait commencé d’offrir pour lui le saint Sacrifice, et l’on reconnut que ce jour était précisément le trentième.

 

Historique du Trentain.

 

C

e miracle, on le comprend, devait encourager les fidèles à faire pour leurs défunts ce que saint Grégoire avait fait pour le moine Justus. Il n’y manquèrent pas.

Dès le VIIIe siècle, les monastères bénédictins sont en possession de l’usage de faire célébrer un trentain pour chaque moine défunt. Cet usage en fit naître un autre non moins touchant. Pendant les 30 jours qui suivaient immédiatement le décès d’un moine et qui étaient consacrés à célébrer les messes grégoriennes, le repas que l’on continuait à lui servir au réfectoire, comme à tous les autres frères, était distribué religieusement aux pauvres.

Dans les beaux temps de la ferveur de Cluny, les 30 messes grégoriennes étaient chantées par six prêtres désignés à cet effet ; des prières particulières étaient récitées pour le moine défunt après les Matines du jour, et l’aumône ordinaire qui était faite aux pauvres était grossie d’un supplément de fèves, de fromage et d’œufs.

Des monastères bénédictins, l’usage de célébrer des trentains pour les défunts passa rapidement parmi les nations catholiques, l’Italie, la France, l’Espagne, l’Angleterre et l’Allemagne. Les documents ne laissent aucun doute à cet effet.

C’est l’insertion dans un antique missel lyonnais de l’abbaye d’Ainay, des messes particulières que l’on devait célébrer chaque jour du trentain grégorien, avec des rubriques spéciales pour les prêtres qui en étaient chargés. Ce missel date de 1531. Plusieurs missels romains de la même époque renferment également la nomenclature de ces mêmes messes.

Elles furent supprimées en 1628 par ordre du Pape Urbain VIII, et la pratique du trentain ramenée à son originelle simplicité, mais par un décret du 28 octobre de la même année, la Sacré Congrégation des Rites déclara que l’intention du Pape n’avait été nullement de prohiber la pieuse coutume établie par saint Grégoire.

Parmi les documents, notons enfin les bas-reliefs si remarquables de l’autel de saint Grégoire.

A Rome, sur le mont Coelius, dans l’église des saints André et Grégoire construite sur l’ancienne demeure du saint Pape, un bel autel en marbre blanc s’élève à la place même où il offrait le saint Sacrifice. Cet autel est du XVIe siècle. Le bas-relief du retable, sculpté par Michel-Ange, est divisé en trois panneaux. Dans le premier, saint Grégoire célèbre la sainte messe ; près de lui, le moine Justus est au milieu des flammes, et plus haut, le même moine, délivré, est porté au ciel par deux anges. Au-dessous de ce tableau on lit en langue latine cette inscription : « Saint Grégoire délivra par trente messes l’âme de son religieux. » Dans la seconde partie, Notre-Seigneur apparaît à saint Grégoire pendant qu’il offre la sainte Victime, et du côté du Sauveur un filet de sang s’écoule dans le calice. On lit au-dessous : « Pendant que le pape saint Grégoire célébrait, Jésus-Christ apparut ici souffrant. » Dans le troisième panneau, saint Grégoire dit encore la messe ; deux âmes gémissent dans les flammes, et une autre, plus haut, est enlevée par deux anges. L’inscription porte : « Les messes célébrées dans cette cellule du très saint pape Grégoire délivrent les âmes des souffrances du Purgatoire. » Le bas-relief est terminé à gauche par l’image de saint Sébastien, et à droite par celle de saint Roch.

Il est certain que les fidèles ont toujours attribué aux trente messes grégoriennes ainsi qu’à la messe offerte sur l’autel de saint Grégoire une efficacité particulière pour la délivrance des défunts. Cette confiance repose-t-elle sur une promesse de Dieu, sur une indulgence jubilaire accordée par les Papes, ou sur plusieurs faits analogues à celui dont nous venons de parler ? Il nous est impossible de le dire.

Le privilège attribué à l’autel de saint Grégoire a été souvent étendu par les Souverains Pontifes à d’autres autels, qu’on nomme pour cette raison autels privilégiés à l’instar de celui de saint Grégoire ou simplement autels ad instar[1].

Le savant Pape Benoît XIV, résumant la tradition catholique à cet égard, déclare en termes formels dans son traité de sacrificio Missæ, que, dans tous les siècles, omni sæculo, les fidèles ont été attachés à la coutume de faire célébrer les messes qu’il a instituées, fideles eamdem consuetudinem receperunt.

Ces paroles si autorisées nous amènent tout naturellement à parler maintenant de l’efficacité du trentain, car on ne peut avoir confiance qu’en une chose bonne en elle-même et très efficace.

 

Efficacité du Trentain.

 

Q

uelle est l’efficacité du Trentain ?

A cette question nous répondons d’abord que Dieu qui a daigné révéler la délivrance du moine Justus, ne s’est pas engagé à nous faire connaître celle des autres âmes pour lesquelles on célébrait dans la suite des temps les messes grégoriennes.

D’autre part, l’Eglise n’a rien défini à cet égard et elle ne définira rien. Son rôle en des matières si délicates est de constater que tel ou tel privilège existe et qu’on peut y ajouter foi ; mais elle ne va pas plus loin.

C’est la conduite qu’elle a tenue vis-à-vis du trentain. Nous l’avons vu dans son décret du 28 octobre 1628, cité plus haut, nous donner nettement sa pensée.

Dans un autre décret, plus récent du 15 mars 1884, elle la précise encore davantage.

Des doutes s’étaient élevés sous le pontificat de Pie IX, sur l’efficacité spéciale des messes célébrées à l’autel de saint Grégoire, et par contre-coup sur l’efficacité des messes grégoriennes.

Le général des Camaldules, gardien des privilèges de l’église de Saint-André, au mont Cœlius, en référa au Saint-Siège. Il soumit à la Congrégation des Indulgences, un mémoire justificatif, où, après avoir défini le privilège d’après lequel les messes grégoriennes, tant celles qui sont célébrées à l’autel de saint Grégoire que celles qui sont célébrées pendant 30 jours consécutifs, sont tellement efficaces qu’elles délivrent aussitôt des peines du Purgatoire l’âme pour laquelle on les fait célébrer, il posait la question suivante :

La confiance des fidèles en une efficacité spéciale du trentain, pour la délivrance des âmes du Purgatoire, est-elle pieuse et raisonnable ?

La Sacrée Congrégation, mise ainsi en demeure de s’expliquer, répondit affirmativement.

D’où nous avons le droit de conclure que les messes grégoriennes ont l’efficacité dont a parlé le général des Camaldules et que le consulteur de la Sacrée Congrégation a rappelé lui-même par deux fois (V. Nouv. Revue Théol. XXI, c. 123.)

Toutefois ce serait une erreur de croire que la Sacrée Congrégation des Indulgences a voulu voir dans ces trente messes grégoriennes un moyen infaillible de délivrer du Purgatoire les âmes pour qui ces messes sont célébrées. C’est uniquement de la sagesse de Dieu, de sa justice, de sa puissance et de sa bonté que dépend l’application efficace et immédiate du fruit de ces messes, par l’intercession et les mérites du saint Pape Grégoire le Grand. Dans le cours des siècles on a souvent constaté la coutume de faire dire deux trentains et plus encore, pour la même âme, l’année de la mort ou chaque année ; ce qui serait inutile si, dans l’opinion de l’Eglise et des fidèles les trente messes célébrées une première fois délivraient infailliblement l’âme du Purgatoire[2].

 

Conditions requises pour profiter du privilège des messes grégoriennes.

 

1° Les trente messes doivent être célébrées pour une seule âme du Purgatoire. L’efficacité particulière de ces messes n’existerait plus si elles étaient offertes pour des personnes vivantes.

2° Les messes doivent être célébrées pendant trente jours consécutifs ; mais il n’est pas requis que ce soit par le même prêtre, ni sur le même autel ; il n’est pas nécessaire non plus qu’elles soient célébrées en l’honneur de saint Grégoire, ni que l’on y fasse mémoire de ce saint.

3° Benoît XIV a déclaré que, si dans le cours de ce trentain, on rencontre les trois derniers jours de la semaine sainte, pendant lesquels on ne peut célébrer des messes privées, il faut le continuer ensuite en tenant compte des messes omises.

4° Ces trente messes ne peuvent être toujours de Requiem, parce qu’au cours de ces trente jours consécutifs se trouvent nécessairement des dimanches et certains autres jours où il n’est pas permis de dire une messe de Requiem. Lorsque cette dernière est permise, on satisferait à l’obligation du trentain en disant la messe du jour, parce que ni l’usage introduit par saint Grégoire, ni les décisions de l’Eglise ne font de la messe de Requiem une condition essentielle. Il va sans dire, cependant, que cette messe semble mieux appropriée au but, en raison des prières spéciales qu’elle contient pour les défunts.

 

 

NIL OBSTAT                                                                                                      IMPRIMATUR

P. Bricon,                                                                                                            Séez, le 20 septembre 1921.  

Censor.                                                                                                                Leconte, v.g.

 



[1] En ce qui concerne l’Autel de saint Grégoire, au mont Cœlius, à Rome, nous croyons devoir rappeler les décisions du Saint-Office, approuvées par S. S. le Pape Pie X, le 12 décembre 1912 et publiées dans les Acta Apostolicæ Sedis, du 15 février 1913 : 1° L’autel de saint Grégoire à Rome, au Mont Cœlius, jouit vraiment d’un privilège qui lui est propre, suivant le décret pontifical du 17 février 1752. 2° Désormais il ne sera plus concédé d’autels devant jouir du privilège accordé à l’autel de saint Grégoire au Mont Cœlius. 3° Le privilège grégorien ad instar n’est point accordé aux personnes. 4° S’il se trouvait que cette concession ait été faite à quelqu’un, elle devrait être considérée comme n’étant que la concession de l’autel seulement privilégié.

[2] Cf. Béringer : Manuel des Indulgences, 2e partie, 3e section : Indulgences locales, les trente messes grégoriennes.

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