Ce qu’il faut savoir du Baptême

Bref résumé

de ce qu’il faut savoir de la doctrine catholique du baptême


 

N

ous n’aborderons ni la question de l’institution, ni celle du ministre, ni celle de la matière, qui sont traitées dans le Catéchisme du Concile de Trente, pp. 166-170.

 

« La première place de tous les sacrements est tenue par le saint baptême »[1]. De plus, « les sacrements de la loi nouvelle non seulement signifient, mais causent la grâce. »[2] On ne peut donc légitimement séparer l’œuvre de Dieu du moyen prévu par Dieu pour opérer cette œuvre : « c’est ainsi que les sacrements de la loi nouvelle causent la grâce : sous l’influence d’une ordination divine, ils sont offerts aux hommes pour causer en eux la grâce. »[3]

 

Définition

 

« La plus juste et la plus convenable est celle qui se tire des paroles de Notre-Seigneur dans S. Jean, et de l’Apôtre dans l’épître aux Ephésiens. Quand le Sauveur dit : Celui qui ne sera pas régénéré par l’eau et par l’Es-prit, ne pourra pas entrer dans le Royaume de Dieu (Jn 3.5) ; lorsque l’Apôtre, parlant de l’Eglise, nous enseigne que Jésus-Christ l’a purifiée par l’eau dans la parole (Eph. 5.26), n’en résulte-t-il pas que le baptême peut très bien et avec justesse se définir : le sacrement de la Régénération dans l’eau par la parole ? Par la nature, nous naissons enfants d’Adam, et nous naissons enfants de la colère ; mais par le baptême, nous renaissons en Jésus-Christ, comme enfants de la miséricorde, car Dieu a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu à tous les hommes qui croient en son Nom, qui ne sont nés ni du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jn 1.12, 13). »[4]

 

Le baptême est donc, à proprement parler, la nouvelle naissance[5] et la recréation[6]. La nouvelle naissance n’est donc pas une réalité psychologique mais sacramentelle ; elle n’est pas une façon de parler, mais une réalité ontologique : le revêtement de Jésus-Christ (Gal. 3.27). Il est la porte par laquelle l’hom-me entre dans l’Eglise[7], c’est-à-dire dans le Royaume de Dieu.

 

Effets

 

Par le baptême, l’homme reçoit le pardon des péchés[8] : le péché originel est effacé et déraciné de l’âme, quant à la réalité[9] et quant à la peine[10]. D’où l’impossibilité d’être sauvé sans le baptême[11]. Il en va de même pour les péchés actuels commis avant le baptême. Cela n’empêche pas que la racine de la concupiscence demeure[12] ; d’où la nécessité du sacrement de pénitence, qui est comme un « baptême laborieux »[13].

 

Par le baptême, l’homme reçoit la disposition à la foi[14], et la possibilité de la vie spirituelle[15]. Il est impossible d’attendre une vie surnaturelle chez celui qui n’est pas baptisé. D’où l’impossibilité d’élever chrétiennement des enfants (au sein de la société domestique et civile) qui n’auraient pas été régénérés, pour ne pas dire intégrés à l’Eglise, « au sein de laquelle les hommes entrent par le baptême, …, [laquelle est une] société surnaturelle qui embrasse tout le genre humain, qui est parfaite en elle-même puisqu’elle dispose de tout ce qui est nécessaire en vue de sa fin, à savoir le salut éternel des hommes »[16].

 

Par le baptême, Dieu rend à l’homme ce qu’il avait perdu en Adam, c’est-à-dire l’innocence : en cela, l’homme retrouve le niveau minimal de la normalité humaine ; mais aussi, l’homme est adopté par Dieu[17], incorporé à Jésus-Christ, etc., de sorte que, loin d’être dispensé ou soustrait à l’observa-tion de la Loi[18], il peut y obéir. Désormais, ses œuvres, accomplies sans servilité, mais par l’action du Saint-Esprit, par sa volonté renouvelée, lui seront imputées à justice, et il en recevra la récompense[19].

 

Résultat

 

Nous voyons donc que, contrairement à l’opinion courante, le baptême ne suit pas la régénération ; il la signifie, car Dieu la confère par lui. Il est, à proprement parler, le commencement de l’œuvre positive du Saint-Esprit dans le cœur de l’homme. Certes, dans le cas des conversions d’adultes non-baptisés, le Saint-Esprit, opère, de façon irrésistible, la préparation à la grâce[20] ; toutefois, celle-ci n’est pas la régénération. En effet cette dernière est accordée à ceux qui ont « revêtu » Jésus-Christ et ont été incorporés à l’Eglise, ce qui ne peut se faire que par le baptême (Gal. 3.27 ; Tite 3.5), le sacrement étant le « signe visible d’une grâce (concomitante) invisible ».

 

La grâce du baptême ne préserve pas nécessairement des chutes ultérieures ; le baptisé doit donc persévérer, avec l’aide quotidienne de Dieu « dans une bonne vie »[21]. La grâce du baptême rétablit la potentialité d’accéder à la finalité surnaturelle de l’homme ; pour ce faire, cette potentialité doit être actualisée. Le baptisé doit donc croître dans la grâce[22].

 

L’inclusion de tout baptisé dans l’Alliance[23] le met dans l’obligation de se conformer à la Loi de Dieu[24], d’autant que la nouvelle naissance l’en a rendu capable, avec l’aide du Saint-Esprit. Refuser de traduire en actes la régénération reçue lors du baptême, c’est apostasier de l’Alliance en commettant l’ingratitude : « tout péché mortel postérieur à la pénitence ramène les péchés déjà pardonnés »[25]. Mourir dans un tel état entraîne la damnation (Ez. 33.12).

 

 

 

  

 


________

 




 



[1] Denzinger (2001), n°1314.

[2] Somme théologique, IIIa, Q. 62, Resp.

[3] Ibid.

[4] Catéchisme du Concile de Trente, p.158.

[5] Denzinger, n°1311.

[6] Denzinger, n°1672.

[7] Denzinger, n°1671.

[8] Denzinger, n°1316.

[9] Catéchisme du Concile de Trente, p.178.

[10] Catéchisme du Concile de Trente, p.180.

[11] Denzinger, n°1524. Exception : le baptême de désir, 1524, 1672.

[12] Catéchisme du Concile de Trente, p.178.

[13] Denzinger, n°1672.

[14] Denzinger, n°2567.

[15] Denzinger, n°1314.

[16] Denzinger, n°3685.

[17] Somme théologique, IIIa, Q. 39, Art. 8, 3m.

[18] Denzinger, n°1620-22.

[19] Denzinger, n°1545.

[20] Denzinger, n°1525.

[21] Denzinger, n°241.

[22] Denzinger, n°1535.

[23] Cf. le traité de S. Jean Eudes sur l’Alliance de Dieu et de l’homme par le Baptême.

[24] Denzinger, n°1536-38.

[25] Somme théologique, IIIa, Q. 88, Art. 2, Resp.

 sede-vacante 1

Pour nous contacter

96757066 o
abbesscharf @ yahoo.fr

Liens recommandés

Editions-et-librairie-Catholique-Sainte-Agnes Les Editions et la Librairie Sainte-Agnès

 

Editions
Le blog des Editions Sainte-Agnès

 
monstran
Traditio

NOWj
Novus Ordo Watch

Lux VeraDirectoire des lieux
où est célébrée
l'Oblation pure de par le monde. 

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

Merci pour votre visite !

Recommander

Etat de la lune

CURRENT MOON

Visiteurs

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés